Le fil d'Hariane dans le labyrinthe des mots

C'est pas parce qu'on a un plan d'enfer pour s'y retrouver, avec le coup de la ficelle, que des fois, ça ne paraît pas un peu emmêlé

29 septembre 2006

Fashion victimisme pédestre

Y'a deux ans de ça, je suis restée littéralement pétrifiée devant une vitrine de chausseur.

D'abord parce qu'il ne s'agissait pas d'une de ces nombreuses chaînes de chaussures où l'on retrouve au poil près les mêmes modèles, tant et si bien qu'à la fin du piétonnier, on a tellement vu la paire qui nous plaisait qu'on n'en a l'envie coupée, mais bien d'un commerçant indépendant avec des modèles originaux.

Puis parce que pour la première fois depuis que je connaissais cette boutique, il y avait enfin un modèle que j'étais en mesure de m'offrir (oui, d'accord, c'était parce qu'il mettait la clé sous le paillasson, bouffé qu'il a été par les chaïnes susmentionnées et ça c'est triste mais bon, le malheur des uns etc.)

Une paire de bottes rouges.

Toute fashion victim, pétasse, bimbo (oui, je reconnais mon penchant, et alors ???) fille digne de ce nom en a un jour rêvé. Elles étaient là, qui m'appelaient derrière la vitre, je les entendais.

J'ai tenu une semaine (de force, j'avoue, je ne vais bosser à-bas que 2 jours par semaine et c'était le 2e quand j'ai vu les bottes) avant de craquer.

Je me suis baladée avec mes chausses de 7 lieues colorées aussi souvent que je me suis habillée en noir (ben ouais, à part le rouge (et encore, le MEME de préférence), interdit près de mes cheveux pour des raisons de tamponnage coloristique, y'a pas grand chose qui aille avec du rouge, mais m'en fous). Sur les trottoirs, dans la boue (ben ouais, c'est des bottes, quand même !), dans les pavés... Or ces derniers sont assez incompatibles avec les chaussures qui n'ont pas un bout carré et une semelle compensée de 5cm. Résultat : les bottes rouges on le nez tout blanc.

Depuis, j'arpente les rues commerçantes de tout le pays à la recherche du Graal : du cirage rouge. Du même rouge que mes bottes, of course. Ben ça n'existe pas. Alors qu'on voit, l'été surtout, des pompes de toutes les couleurs, jaunes, mauves, turquoise, dorées et argentées même cet été, eh bien y'a que du cirage noir, brun et beige.

A croire que les pompes de couleur sont jetables... ???

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26 septembre 2006

Musée muselé

Des cocktails molotov sur une photo d’art.

Parce qu’elle figure une jeune femme dénudée, le sexe dissimulé sous des plumes.

Expression d’un extrémisme débile. Déplacé. Bien plus que ne pourrait l’être l’image « incriminée » par une bande de sots qui confondent le travail artistique et la pornographie. Et encore. La pornographie est aussi une liberté de toute société, pourvu qu’elle ne soit pas le produit d’une contrainte exercée par des humains sur d’autres humains et qu’on n’y implique pas les enfants.

Ca aurait pu se passer dans l’un de ses pays où la femme est reléguée au rang d’objet, le désir et le plaisir considérés comme des crimes de lèse-dieu, où l’on cache ses pratiques sensuelles et sexuelles comme si c’était mal, mais on pratique quand même, paradoxe de doctrines qui ne tiennent de facto pas la route.

Ou dans l’une de ces villes du sud de la France, où l’arrivée au pouvoir de partis non démocratiques a eu pour effet immédiat le musellement des arts et de la culture, enfin des cultures qui ne reflètent pas les idéaux desdits partis.

Mais non.

C’est arrivé près de chez nous.

Dans un musée tout ce qu’il y a de plus commun, un lieu dédié à la photo d’art. Que l’on prie donc, si l’on comprend bien, de se cantonner aux jolis paysages et aux natures mortes.

La photo considérée, apposée à l’entrée du musée pour signaler l’expo, n’a rien d’outrancier. Elle n’est ni crue ni trash (encore qu’elle pourrait l’être !), elle ne laisse rien apparaître que notre société n’admette sur des clichés. Et franchement, ça n’est pas « le pire », en ce domaine, des clichés exposés, looooooool.

La nudité pullule dans les publicités pour des produits qui n’ont rien avoir avec le corps. Ca ne choque personne. Pourtant, se servir de la nudité à des fins commerciales n’est-il pas un procédé plus contestable que de s’en servir pour interpeller, faire réfléchir, susciter le débat ?

Dans les commentaires (éclairés) sur l’expo, l’on peut lire « L’œuvre d’A. ne peut être que considérée dans son ensemble pour être vraiment comprise. Trop longtemps, on l’a limitée à des portraits de femmes japonaises dénudées, ligotées. Provocateur, pornographe, vulgaire, (…) Prises une par une, nombre de ses photos érotiques nous apparaissent gratuites, sans charme, complaisantes. Si par contre, on les confronte avec le reste de sa production, les choses se mettent e place petit à petit. Le grand mérite de cette exposition de la B.A.G. de Londres consiste justement à nous montrer énormément de choses afin de nous permettre de découvrir, au-delà de chaque pièce, l’incroyable puzzle de ce personnage hors norme. Ainsi, (…) c’est la conscience du temps qui passe qui ressort de l’œuvre. La vie, la mort, la beauté qui se fane puis disparaît sont partout dans son univers (…) La vie, la mort, l’intimité et son exposition au public : tout  A. est là ». (Le Soir, 25/9/06)

A l’Usine, ce qu’on a vu de l’expo a interpellé, a fait réfléchir, a suscité le débat ! Et nous a, à tous, donné l’envie d’aller voir l’expo. Mais nous sommes des petits gâtés, des veinards : nous bénéficions d’un accès facilité à la culture, aux cultures. Nous sommes des (gros) consommateurs culturels. On lit, va au théâtre, au ciné, au concert. On se déplace pour aller vers ce qui nous plaît, puisqu’à force de pratique, nos goûts et affinités commencent à être identifiés.

Et si je n’ai pas toutes les clés de la « dégustation culturelle », je peux dire que oui, j’aime ces clichés, qu’ils me parlent, suscitent en moi émotions et questionnement.

Donc l’expression du fascisme primaire dont est victime la photo-appel de l’expo me choque, d’autant plus qu’elle est le fait (d’une infime partie) de la population elle-même. Il y a donc des gens assez idiots, inconscients, imperméables, pour poser de tels actes sans se rendre compte qu’à travers une photo d’art, c’est au foisonnement culturel, à l’épanouissement par l’ouverture sur le monde, qu’ils s’attaquent ?

L’ignorance est le terreau de l’intolérance et de l’obscurantisme. Si, au lieu de détruire un symbole extérieur, les iconoclastes culturels avaient poussé la porte du musée et avaient nourri leur réflexion à l’engrais de ce que l’artiste a voulu communiquer à son public, sans doute en seraient-ils sortis grandis.

En tout cas, moi, j'irai voir. Et sans doute d'autres en feront-ils de même, à la faveur de l'incident. Hé hé hé, au fond, c'est un sacré coup de pub...

Posté par Hariane à 15:06 - De quoi je me mêle - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 septembre 2006

Tout le monde à le droit à son quart d'heure de célébrité...

Premier spectacle de ma saison culturelle : du cirque !

J’adore. Je retombe immanquablement en enfance dès l’entrée sous le chapiteau.

Ici, c’est un peu particulier : c’est du théâtre-cirque. Mais ça me fait un effet identique : je ris avec le clown, je tremble pour l’acrobate, j’ai la bouche béatement entr’ouverte et l’œil brillant.

Comme souvent dans ce genre de représentation, au bout d’un quart d’heure, les deux comédiens s’en vont quérir des cobayes parmi les spectateurs.

Damned ! L’un deux vient vers nous !!!! Je suis brune, N. est blonde, M. est brune : on ne voit que N., c’est forcément elle qu’il va choisir…

Eh bien non : apprenez que les Auguste modernes préfèrent les brunes… C’est moi qu’il extirpe de la foule (oui, malgré mes protestations).

Me voilà en concurrence avec la brune sélectionnée par l’autre clown, l’Auguste la vire – c’et toujours les Auguste, les Chefs – et me voilà assise sur une chaise, attablée en tête-à-tête avec un jeune homme rouge de gêne (comment ça, moi aussi j’étais rouge ??? Mais non !! Enfin…)

On n’a pas vraiment le temps de sympathiser, parce que tout tourne autour de nous, ça joue de la musique, jongle, virevolte… et me manque de peu à caque fois : je suis en effet devenue la cible préférée du clown, qui ne digère pas d’avoir vu sa candidate , renvoyée dans la salle. J’ai presque peur…

Mon collègue d’infortune et moi sommes restés là comme deux ronds de flancs, immobiles et évitant soigneusement de tourner la tête côté salle – dans un cirque, on voit vraiment trop bien les gens, jusqu’au dernier rang ! (Oui, c’était un petit cirque).

J’ai soupiré d’aise que les faits ne se déroulent pas dans ma riante cité, et puis j’ai gagné ma journée : j’ai eu un superbe bouquet de fleurs pour m’aider à me remettre de mes émotions ;o))

Il paraît que tout le monde a le droit à son quart d’heure de célébrité.

Ca, c’est fait…

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07 septembre 2006

Chutes etc.

C'est dimanche et je bosse.

Déjà, ça part mal.

Heureusement, les réjouissances ne commencent qu'à midi. Ca me bousille ma matinée sportive dominicale, dont j'ai pourtant grand besoin - la durée de fermeté d'une cuisse étant inversément proportionnelle à la durée d'installation sur elle d'un chocolat aux noisettes entières - mais ça me laisse le temps de me laver les cheveux et de me revernir les ongles. Ben oui, les gens que je vais rencontrer aujourd'hui sont du genre à mériter qu'on se lave les cheveux pour eux.

Je trainasse un peu en pij', j'adore ça le dimanche, et me décide à faire un brin de débarrassage-de-table-de-salle-à-manger-qui-n'est-pas-un-dépottoir. J'emmène un mont tout à fait impressionnant de pubs diverses dont je me fous éperdumment vers la buanderie, eh hop, dans le carton à papiers, je referme la porte et BARDAAAAAAAAAAF !

Ca, c'est encore un de mes chats de malheur qui fait la java dans les caisses en carton vides - les chats ont une attirance presque pathologique pour les caisses en carton vides. Didjù, je vais devoir tout ramasser.

J'ouvre la porte... fumée blanche et poussiéreuse, oulah ! La catastrophe a bien plus d'ampleur que prévu, quand se dissipe enfin le nuage : mon faux-plafond s'est écroulé !!!

Alors, bon, d'accord, je n'aimais pas du tout du tout ces horribles lattes en plastic blanc genre cheap, surtout que j'avais repeint les murs en orange, sang et mauve. Mais je ne tenais pas NON PLUS à le faire refaire tout de suite, là, par ce beau dimanche.

Je nettoie tout et après, pour le coup, il est devenu drôlement nécessaire que je me les lave, les cheveux...

J'active, saute dans Titine, stoppe au bureau pour prendre le dossier et... Titine ne redémarre pas. Elle ne redémarrera jamais.

J'appelle un collègue au secours, tremblante à l'idée de louper le départ du car vers les serres.

Et il n'est que midi...

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04 septembre 2006

Voici le Gala

Au début, j’ai eu peur de me rendre à cette journée de gala parce que j'ai cru que j’aurais vraiment du mal à ne pas crier « Vive la République ! »… mais ça va, j’ai résisté. A 16 ans, l’âge de tous ces jeunes qu’on a emmenés, pas sûre que je l’aurais pas tenté, juste pour voir… Bah, je vieillis…

Mais qu’on soit pour ou contre le principe, on se laisse quand même prendre au charme.

Des lieux, tout d’abord. Immenses. Somptueux. Magnifiques. Impressionnants. Ces verrières ! Ces plantes luxuriantes ! Ces parquets ! Ces plafonds ! Un vrai rêve de petite fille. Dans le groupe, on a toutes rêvé au moins une fois d’être princesse…

Puis ‘faut dire que l’opération marketing est aussi ciselée que les immenses lustres d’apparat : ils étaient tous présents, le sourire aux lèvres, la main à prête à serrer et un mot pour tout le monde (je me demande s’ils ont une formation pour maîtriser à ce point le sourire, développer une telle faculté à avoir l’air d’écouter ET en plus d’avoir l’air réellement intéressé par ce qui se dit...)

Et l’on a pu circuler avec une impression de réelle liberté – à l’intérieur du périmètre qui nous était dévolu, évidemment, parce que quand j’ai cherché des toilettes, on m’a vite récupérée hors champ pour me remettre dans le droit chemin – sans le poids du protocole. Le personnel, clairement identifié, semblait très soucieux de donner une image moderne et dynamique d’ouverture et de tolérance dans sa manière d’être au service des invités. Des conditions exceptionnelles, à n’en pas douter.

Les options artistiques prises étaient intéressantes. Certains organisateurs ont été plus téméraires que d’autres, et je ne suis pas peu fière de notre choix. Sans doute n’avait-on jamais vu ça en cet endroit ! Opter pour une troupe d’animation de rues, interactive et hautement festive était un fameux pari… mais un réel succès, tant auprès du public concerné que des médias, tout heureux d’avoir pareil visuel pour illustrer leur propos !

Bon, alors, je mentirais en affirmant que la petite incursion orchestrée par leurs soins a modifié mes convictions profondes sur le sujet, mais je considère quand même cette escapade comme un honneur et une chance qui ne se représentera certainement pas de si tôt…

Posté par Hariane à 15:44 - ... and he living is easy - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

31 août 2006

"C'est quand, le bonheur ?"

La ritournelle "calisienne" résonne à mes oreilles alors qu'il se défile à nouveau. La perspective de s'expliquer en face caméra ne le tente pas trop, dirait-on.

Ah qu'il est dur de se retrouver confronté à ses faiblesses, ses manquements, ses erreurs,... Un mal nécessaire cependant, pour progresser. Mais veut-il progresser ? A le voir ainsi, lâche et faux-fuyant, je me demande à quel point il se complaît dans sa petitesse au quotidien. S'en rend-il seulement compte ? Oui, assurément, depuis que je lui ai mis les yeux dessus. Mais il n'est pire aveugle que celui qui ne veut voir.

J'espère gagner au Jeu, cette semaine. Depuis le temps que je m'y efforce, la Loterie me doit bien ça ! C'est un cas de force majeure : je ne puis supporter plus avant de me retrouver sans cesse auprès de lui. Lui qui ne me parle pas, feint l'indifférence en public mais me regarde souvent comme le Fruit défendu, à la dérobée, trop fort pourtant pour arriver à détourner la tête plus vite que je ne relève le nez et ne tombe "à nez" avec Lui. Enfantillages insupportables dont je ressens le besoin impérieux de m'éloigner au plus vite.

D'autant qu'à la vue s'ajoute le son, les voix des Autres, ces Autres qui, pour la plupart, ne nous veulent que du bien, à Lui comme à moi, mais semblent inconscients du fait que me parler de Lui retourne un peu plus le couteau dans la plaie.

Toujours le même sujet. Mauvais Sujet ! Hier c'était : "Lundi quand je lui en ai parlé, il a fait un lapsus mais bon, il avait un petit verre dans le nez...", aujourd'hui : "hier quand il est remonté de la cantine, il avait l'air drôle. A force de travailler avec lui, je vois quand il a trop bu. Il est différent". Oui, je sais... Je sais aussi que je devrais laisser glisser, ne plus m'en inquiéter. Mais qu'il s'abîme ainsi m'atteint toujours. C'est hors contrôle. A ces mots, je trésaille, mon coeur bondit dans ma poitrine. C'est lui qui se flagelle à coups de Dive Bouteille mais c'est moi qui titube, trébuche et tombe. Encore. Malgré l'éloignement.

Posté par Hariane à 17:23 - Dans quel état j'erre - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 août 2006

Pfuittt

Pétard mouillé, ouaip'.

Pas à cause de la pluie, mais des choix effectués qui ressortent des clichés éculés et une imagerie contre laquelle on se bat pour amener les gens à la dépasser tout le reste de l'année.

Encore des bouffons capitaliens plus prétentieux et pompeux que pertinents et compétents.

Ah, si on nous avait demandé... mais on ne nous à rien demandé. On ne nous demande jamais rien, à nous.

Posté par Hariane à 15:25 - Rince ta baignoire - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 août 2006

Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, dit l'adage...

... or je ne suis pas morte. Je suppose qe c'est une bonne nouvelle...

Me revoilà déjà prise dans le tourbillon professionnel. Ca m’occupe aussi utilement qu’agréablement, d’autant que l’HDB n’est pas encore de la partie. J’ai donc un peu de temps pour reprendre mes marques. Je reconnais « ceux qui savent » à leur façon de me regarder. De me serrer la main. Pire, de me serrer la main a lieu de me faire la bise comme avant, mdr. De ne plus me regarder quand ils me parlent. Ceux-là même, pour certains, qui ne se privaient pas de le critiquer, lui et son penchant AA. Sans doute doivent-ils se dire que je lui ai répété tous leurs commentaires, arf ! Si je l’avais fait, j’aurais déclenché quelques mémorables disputes… Les gens peuvent se montrer bien bêtes en ne pensent même pas qu’on puisse aimer sans intérêt et savoir se taire pour éviter des conflits qui ne doivent pas éclater. D’autres sont sympas. Parfois là où je ne les attendais pas. Si l’on dit que c’est dans l’adversité qu’on reconnaît ses amis et que c’est vrai que quand on va mal on en perd toujours, j’ai l’agréable surprise d’en avoir gagné, aussi. La vie n’est jamais tout à fait belle ni tout à fait moche…

Comment je vais ??? Pas trop mal, je crois. Mieux qu’il y a un mois, ça, c’est sûr. Les tempêtes stomaco-cardiaque se sont calmées ; mes tensions internes, apaisées. Je peux donc me nourrir à nouveau normalement. Déjà repris un kilo dailleurs, didjù, le seul aspect positif de l’affaire tend donc à disparaître ! Je L’ai revu une fois. J’aurais voulu pouvoir dire, comme la Suzanne d’une série TV culte face à son ex-mari, que ça ne me fait plus rien, plus rien du tout. Mais ça n’est pas tout à fait vrai, pas encore. S’il est exact qu’il ne fait plus battre mon cœur sur apparition, j’ai quand même eu un pincement quand il a d’abord plaisanté sur le sport avec un autre avant de s’adresser à moi, quand il m’a parlé de choses et d’autres, évité LE sujet et tourné à l’humour les allusions que je n’ai pas manqué d’y faire. J’ai bien vu que c’était pour se donner une contenance parce qu’il ne sais pas bien comment se comporter face à moi et pour dissimuler son malaise, mais ça m’a encore touchée un peu. Puis je m’en veux de mes allusions. J’aurais voulu accéder à la sérénité liée à l’indifférence. Mais je dois être patiente, des plaies pareilles ne se referment pas si vite…

On a parlé, un peu. Par téléphone. Juste pendant la rédaction des lignes précédentes. Il parle de ses plaies. Mais pas de ses sentiments. Il dit qu’il ne m’en dira rien, que c’est à lui, à lui de les gérer et qu’il ne souhaite pas m’en parler. Que je parle et écris très bien et que lui ne sait pas faire ça. Qu’il a toujours tout gardé en interne et qu’il ne changera pas. Ca veut donc dire qu’il éprouve quelque chose… en voilà, une bonne nouvelle !

Il est naïf. Il croit que je suis sincère quand je lui dit que je ne comprends pas. Il pense que je n’ai pas vu qu’il avait manqué d’amour, qu’on ne lui a pas donné le mode d’emploi quand il s’est construit, que l’image de parents qui ne s’aimaient pas et chez qui il n’a jamais vu d’échanges d’affection ou de complicité lui font reproduire le même schéma dans ses propres relations… Il doute que j’aie perçu que ce qu’il regardait dans mes yeux, c’est son propre reflet sublimé, qu’il avait besoin que je le soutienne, l’admire, m’extasie inconditionnellement. Il n’envisage même pas que j’aie pu remarquer sa fierté de m’exhiber devant ses amis. Et que j’ai bien compris que c’est quand j’ai commencé à égratigner son joli portrait en évoquant son penchant AA, ses faiblesses de caractère à la ville comme à l’Usine , sa vie de famille bâtie sur des mensonges ou son égocentrisme chronique versus mes sacrifices constants que nos rapports se sont dégradés…

Il finasse, évite, tourne autour… Il m’agace. Je me demande comment j’ai pu supporter ça, moi qui aime les choses claires, les gens francs et directs. Il est faible. J’aime les forts. Pourtant, je n’ai pas eu de pitié pour lui mais des sentiments sincères, jusqu’au bout et malgré le fait qu’il me détruisait par ses excès constants. Juste qu’aujourd’hui, je me demande sur quoi s’asseyaient ces sentiments. Je ne leur trouve plus de raison objective. C’est moche. J’ai un peu honte de ce que j’éprouve. Il garde ses côtés attachants mais j’ai perdu ma dépendance en même temps que je me suis demandé à quoi elle se raccrochait. Libre, je suis libre ?! Mouais… en tout cas, j’ai réussi à briser pas mal de chaînes. C’est toujours ça de pris.

J’ai fait pas mal de séances-papotte avec mes amies. Une vraie thérapie, et je ne parle pas que pour celle qui est psy… ! Qu’on m’écoute, me comprenne, m’amène à réfléchir et à m’exprimer plus loin que je ne l’aurais été seule, tout ça sans me juger, évidemment, ça m’a fait du bien ! On est toujours capable de plus de discernement dans les problèmes des autres que dans les siens et leur vision m’a apporté, indiscutablement… pas seulement parce qu’elles m’ont confortées dans mes opinions ;o)) mais aussi et surtout parce qu’elles ont su m’amener à ouvrir des portes que je gardais fermées par peur de ce que j’allais trouver derrière.

Je me suis retrouvée aussi, un peu. En me demandant enfin depuis tant d’années où je me suis perdue dans l’Autre ce dont MOI j’avais envie. La danse est redevenue une priorité quasi vitale. J’ai déniché un nouveau club et décompte les jours qui me séparent encore de septembre, moment de la reprise. Un autre sport de type chorégraphique genre Tae Bo, le fitness, toujours, et un peu de natation si je trouve… une piscine convenable, véritable gageure dans ce coin !!! Des concerts, toujours, des ballets aussi car si j’aime pratiquer, j’aime également regarder ! du théâtre, enfin, dans une programmation accessible à l’ex-blonde que je suis… Le ciné plus souvent, y retourner malgré les DVD, cesser de faire la fainéante en attendant leur sortie ! Si je m’étais écoutée, j’aurais aussi repris le dessin et l’espagnol, mais là, je crois que ça ferait vraiment trop… Vu que je veux un massage/sauna/hammam par mois et un city trip de temps en temps…

Je vais bien ?! Ben disons que oui alors. Même si je suis une acheteuse compulsive dès que mon moral descend dans le rouge, comme si j’avais besoin d’améliorer le plus possible l’aspect extérieur pour compenser le désastre intérieur, et que vu le nombre de fringues qui se sont accumulées ces derniers temps, je ne dois pas être tout à fait guérie…

Posté par Hariane à 19:07 - Dans quel état j'erre - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 août 2006

Déjà sur le pont

Après le calme, la tempête…

Le Chef est rentré lundi et a amené avec lui toute une cohorte de choses urgentissimes à faire, de dates-butoir et de projets.

Tant mieux ! Je préfère quand ça bouge.

D’autant qu’il y a pas mal de présentiel et que si jouer les potiches version hôtesse de foires et salons me fait toujours sourire, c’est pas fatigant – à condition de réfléchir au choix de ses chaussures – et ça permet de voir du monde, d’effectuer des découvertes dans de multiples domaines…

Ca promet d’être grandiose, leur truc de ce weekend, tout en couleurs, lumières et musique. Je me demande quand même si ça va être à la hauteur de leurs promesses. Déjà qu’avec la météo… Si la pluie s’en mêle, ça fera l’effet d’un pétard mouillé…

Posté par Hariane à 14:41 - Métro-boulot-dodo - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 août 2006

I'm a poor lonesone workin'girl

On m’aurait menti ???

On ne recommençait pas à travailler aujourd’hui ?

Ouh ouh ? Mais où sont-ils donc tous ??

Seule.

Je suis seule au bureau.

Douloureuse sensation que celle de bosser quand les autres bronzent encore, les orteils en éventail, le ressac pour musique de fond. Pfffffffft.

1e peur du jour : les clés ! Farfouiller dans mon sac pour les retrouver, vu que personne n’a ouvert… ouf, elles sont là !

Ensuite, confirmation : les autres sont bien tous encore en congé. Rien n’affleure à la surface des bureaux, tous nickel chrome comme jamais durant l’année. Par contre, le carnage autour du perco témoigne du fait que la femme de ménage était en congés avant les autres…

Le café, si j’en veux, je ferais bien de le préparer de suite.

Après cette première tâche de la plus haute importance (il m’en faudra, des tasses, si je veux rester éveillée jusqu’au soir !!), je rebranche le PC, rallume l’imprimante. Après avoir viré tout le courrier qu’on m’a posé là alors que j’ai un casier prévu à cet effet mais bon. Et je dépouille. Je dépouille. Je dépouille. Le courrier puis les mails…petite tasse de café… re-courrier, re-mails… Oh, il est midi !

L’aprèm’ s’annonce moins « plein ». Le téléphone est muet, le fax, sur veille. Je repousse le pourtant nécessaire classement, puis je m’y mets enfin. La vache ! Ce que c’est long ! Je ne me plaindrai jamais plus d’être débordée durant l’année, je le jure…

Je finis la journée par des recherches-loisirs : je  surfe et bloggue un peu, je bâille aux corneilles, j’ai déniché un nouveau club de danse, regardé un peu l’affiche du Bota, découvert les sorties ciné des prochaines semaines… Internet m’a évité de sombrer dans un sommeil profond dont il n’y aurait même eu personne pour me tirer en fin de journée.

J'ai éteint le perco et la radio, fermé les portes, rangé les clés dans mon sac... Et demain, ça recommence...

Posté par Hariane à 14:02 - Métro-boulot-dodo - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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