02 août 2006
Le voisin
Ce matin, au marché, on a croisé le Voisin.
Enfin, l'un des multiples voisins que nous a amené la surpopularisation massive voulue par un Parton de Ville qui se s'intéresse qu'au bruit de la caisse enregistreuse lors de la vente d'un terrain à bâtir.
C'est fou le nombre de maisons qu'on peut accoler à une seule. Là, on a déjà 3 voisins, et l'arrière de la propriété est encore épargné. Si on ne déménageait pas, on finirait par en avoir 10, de voisins.
Le Voisin, donc. Quadra casé à la tête d'une charmante famille recomposée d'une multitude d'enfants. Je me demande, vu la taille de sa demeure, s'ils ont tous une chambre microscopique ou s'il les empile, le soir, dans des lits superposés.
Nous devisons sous le lourd soleil d'août : on s'est arrêté à l'une des seules échoppes qui n'ait pas de parasol, évidemment. Je cuis. L'odeur des poulets rôtis d'à côté m'effraie quant à la résistance relative de mon épiderme.
On prend congé et il nous fait encore un petit signe de la main.
Sympa, le Voisin. C'est cool : autant avoir des gens charmants autour de soi, quitte à voir sa tranquille solitude contrcarrée par le Patron de Ville.
L'aprèm', je tente le Diable en mettant en danger mon épiderme une fois encore, mais zut, j'adore lézader au soleil et ne vais pas me priver car en rentrant, l'été sera fini. Je suis aplatie sur le transat telle une crêpe suzette, avec juste la tête qui dépasse pour pouvoir lire mon magazine, posé sur le sol. La piscine me berce d'un doux clapotis. Raaaaaaaaah, le Paradis n'est pas loin.
Quand j'entends "Ca va, c'est pas trop dur ?"
C'est le Voisin.
Le pauvre : lui, il est d'ici, il n'est pas en vacances, il bosse, alors forcément, avec mes airs de Princesse lascive en deux pièces, je dois l'agacer un peu, à 17h30, quand il rentre du turbin.
Je rigole et lui dit que ça va, que quand même il fait chaud et que c'est vrai que c'est dur, mais que je me préserve en en faisant le moins possible.
Et comme j'ai été blonde, je ne réfléchis pas, et je dis que je songe quand même à engager quelqu'un pour tourner les pages de mon magazine à ma place.
Il me répond qu'il peut postuler, si je veux.
Je pense "oups". Oh évidemment, c'est pour rire, ça ne veut pas dire tripette, mais quand même, les hommes ont le chic pour prendre la balle au bond.
Image furtive d'une Bloggopote qui me dit d'un air blasé et le regard qui va avec "Tu t'attendais à quoi ?", tout en allumant nonchalamment sa clope, y'a quelques semaines. Je devrais peut-être l'emmener en vacances avec moi : elle tournerait les pages de mon magazine et ça m'éviterait de dire des conneries, puis elle me donnerait des coups de pied sous la table quand elle verrait arriver ce que je ne vois jamais arriver tant je suis d'une naïveté confondante avec les hommes.
Parce que j'ai un problème : je ne vois jamais le mal.
Ca doit venir du fait que je ne me suis jamais trouvée jolie ni particulièrement attirante, du coup je suis toujours saisie quand un type n'est pas de cet avis.
Mais pas seulement.
Je ne suis pas "sexuelle".
En dehors des moments où ça me travaille - qui sont généralement liés à quelqu'un en particulier - j'y pense pas. Et quand un type n'allume pas en moi de "petite flamme", quand je ne sens pas de frouitch frouitch de papillons ventraux, je fonctionne en mode "veille".
Bref, si le type ne me plaît pas, je ne pense même pas à l'éventuelle possibilité que je lui plaise, moi.
Donc, il peut avoir des sabots de taille surdimentionnée et peints en fluo que je ne le vois toujours pas venir.
A 15 ans, ce côté ingénue me donnait un certain charme. Là, il me cause surtout pas mal d'emmerdements.
Il est temps que j'assimile l'homme au chasseur qu'il est et que je ne courre plus, toute de rouge vêtue, toute seule dans le bois. Encore une bonne résolution que j'aurais du mal à tenir...
17 juillet 2006
Changement de catégorie
Le weekend dernier fut donc riche en rebondissements, faute de papillons ventraux.
Il a démarré comme tant d'autres, avec ma croix à vie, les quadras mariés et maîtressés. Nihil novi sub sole.
Mais...
Je me tape la finale des types en short sur une pelouse via écran géant. Jamais vu un festival musical plongé dans un silence aussi religieux. C'est à peine si les gens respirent, surtout ceux qui se sont assis, là-bas, un peu plus loin. Devant moi, un trentecinquenaire qui fume comme un pompier et un gamin genre 15-16 ans, son fils sans doute (tiens, c'est un quadra, alors). Ils discutent gonzesses. Enfin des gens sains d'esprit, pas aspirés par l'écran géant.
"Qu'esss' t'en pense ?", "Ouais, elle est bien", "Je fais quoi ?", "Ben parle-lui" etc. Mes bloggopotes sis de l'autre côté du tendem auront même saisi, me raconteront-ils ensuite, des propos du genre "Mais souris, là t'as l'air de faire la gueule, allez vas-y" etc. Papa donne ses 1e leçons au fiston, et moi je trouve ça fort rigolo. Je jauge du coin de l'oeil la petite meuf à ma gauche, "presque 17 ans", blonde, en jeans bien moulé et petit débardeur, maquillage discret et toute mimi. Ils seraient mignons ensemble, c'est vrai. Ah, l'insouciance de la jeunesse ! Comme j'aimerais la retrouver, parfois...
Le gamin use d'un truc vieux comme le monde : aborder la copine. En l'occurence, moi. Mais je ne connais pas Petite Meuf, moi, il perd son temps... On devise gentiment jusqu'aux penaltys, parce que la foule assise se lève comme un seul homme pour communier avec les dieux du stade et ça fait de la place pour avancer, ce que font mes bloggopotes que je ne veux pas perdre : je n'assumerais pas une annonce faite au micro par l'animateur comme quoi ils m'attendent devant le stand de la banque, comme il l'a fait pour deux enfants perdus...
Je prends poliment congé du jeune séducteur et l'abandonne à Petite Meuf sans les avoir présentés, désolée.
Je n'ai vraiment pigé le fond de l'affaire que quand, 5 minutes plus tard, il me tape sur l'épaule pour me demander... si je veux qu'il me laisse son n° de G... Lantin est tout proche.
Je laisse tomber ma mâchoire inférieure sur mes tongs en décochant un coup de coude dans les côtes du bloggopote hilare à ma droite. Je réprime l'envie de demander au vraiment trop jeune garçon s'il se rend compte que je pourrais être sa maman, pour éviter de le traumatiser, et essaie d'esquiver mais ça n'est pas facile, il insiste.
M'en suis pas encore remise, quand, ce weekend capitalien, y'a au moins 4 gamins de 13 à 16 ans qui se retournent sur moi, sous l'oeil goguenanrd d'autres bloggopotes parce qu'évidemment, y'a toujours des témoins à mon malheur.
Je passe l'épisode des 3 trentenaires de ma sortie de jeudi, dont 2 font subir un interrogatoire en règle sur moi à mes deux collègues tandis que le 3e m'offre un verre au bar puis, le lendemain, me SMSerra à 15h, m'appellera à 19h, puis, comme je n'ai pas répondu à l'appel, à minuit 45 puis 1h20 et le comique d'un site (pas) net qui me pose comme ultimatum une rencontre avant mon départ en vacances (2 jours et j'ai même pas encore lessivé ce que j'emmène !) sinon il ne le proposera plus (au revooooooooooooooir !) parce que, sinon, je sens que je vais pleurer.
07 juin 2006
Ze return of the malade II
Après la série de SMS et 2 curieux appels en numéro privé et sans message - ce qui ne m'arrive jamais car au boulot ou entre amis, si on me sonne, on a toujours bien un truc à me dire - vint donc le moment de plus en plus redouté de la 2e rencontre inter-Usines où il était sûr qu'IL serait là.
A moins qu'il ne tombe malade... aucune chance...il l'est déjà, à vie.
J'arrive un peu à l'avance - si si, ça m'arrive - et reste en rade à l'accueil avec des amis-de-moâ. Ca me permet d'éviter le frontal d'entrée de jeu. Je sais pourtant que je ne lui échapperai pas : je serai appelée à parler devant tout le monde et donc exposée à son regard.
Lui aussi montera sur l'estrade. IL a pas ses lunettes. Pour être plus beau ??? Arf...
Dès la fin de la réunion, je rallie le bar avec un collègue. On y est à peine que LE voilà, pile dans mon champ de vision, à croire qu'il l'a fait exprès. IL cherche mon regard, que je n'ai aucun mal à lui soustraire, sa petite taille me permettant aisément de passer par-dessus.
Mon collègue prend congé. Nooooooooooooon, ne pars pas !!!! Où sont les autres ??? Si je reste seule, c'est sûr, IL va venir m'aborder. Au secoooooooooours !
Comme je n'aperçois personne, je pique un sprint vers le fond de la salle. Ils sont forcément là...
Ben non.
Je me retrouve, seule et vulnérable, à squatter la table d'un couple de petits vieux qui enfournent des canapés pour ne plus avoir à souper en rentrant.
Je lève les yeux du mien, de canapé, pour rattrapper mon document qui fout le camp. Et je LE vois. IL est là. Il m'a suivie ??? Non, pas possible...
Mon doc sous le bras, le canapé en bouche et mon verre à la main, je m'élance vers l'autre bout de la salle, où les autres sont forcément. Je trace au travers des files agglutinées devant le bar, pour semer d'embûches une éventuelle poursuite.
Ca ne le découragera pas. Ca le ralentira, tout au plus. Car à peine ai-je fini de relater mes mésaventures au groupe que le revoilà dans mon champ de vision. Oui, là c'est certain : il me suit. Son acharnement malsain me rend allergique à sa seule présence. Je me retiens de lui tomber sur le râble en lui demandant s'il a perdu quelque chose qui se serait malencontreusement accroché au bas de ma jupe, pour me pister de la sorte. Pas d'esclandre à l'Usine, pas d'esclandre à l'Usine, pas d'esclandre...
Une dame d'une autre Usine, avec qui j'ai collaboré récemment, me sauve (LE sauve) de mes pulsions assassines. Je me retourne vers elle et nous devisons quelque temps... Mais c'est pas vrai ???... De là où IL était, je ne pouvais plus le voir, donc il a bougé de 2 mètres pour s'accouder au bar, mais à l'envers, que je l'aie bien en face. Ce type est fou.
Je redoute le moment où il viendra m'apostropher, puisqu'il n'aura pas réussi à attirer mon attention pour "poursuivre cette conversation des plus agréables", sic. N'a-t-il donc pas compris que je suis très agacée - alors que je ne le connais ni d'Eve ni d'Adam, que personne dans mes relations ne le connais et que je lui ai parlé 10 minutes sur toute ma vie - par le fait qu'il ait appelé l'Usine à plusieurs reprises pour m'avoir en ligne, qu'il ait usé mes collègues au point qu'ils lui filent mo numéro de GSM, qu'il ait utilisé sans vergogne ledit numéro alors que je lui avais bien demandé de ne pas le faire et filé mon adresse mail dès la 1er SMS, qu'il m'ait baratiné après 6h et 3 autres SMS que son ordi était soi-disant en réparation, qu'il ait été jusqu'à cacher son numéro pour m'appeler et obtenir que je lui parle (et que, donc, vu ce stratagème, c'est qu'il avait pleine conscience que si je voyais que c'était lui il n'obtiendrait pas audience) ???
Sont-ce là des comportements normaux ? Alors que la 2e rencontre inter-Usines était programmée et qu'il savait bien qu'il me reverrait là ! Un tel empressement m'effraie. Et ce cirque de champ de vision ! Ridicule ! S'il avait eu la conscience tranquille, il serait venu vers moi pour discuter, de manière naturelle. Il savait bien qu'il m'avait horripilée. Mais ça ne l'a pas empêché d'espérer que moi, j'aille vers lui et de tout faire pour cela. Incroyable. Et les hommes disent que les femmes sont compliquées !!! Pareille entreprise, effectuée à grands coups de bulldozer, ne pouvait pourtant qu'être vouée à l'échec. Non ?
Pourquoi faut-il que je tombe toujours sur des fous ? Pourquoi diable les attiré-je ? Où est donc l'Homme, le type bien dans sa tête et ses baskets qui procédera doucement mais sûrement pour me voler mon coeur au moment où je ne demanderai que ça, et le traiter avec amour, douceur et respect ?
Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin !!!!
20 mai 2006
Essai d'étude sociologique du comportement de l'hominidé en quête du sexe opposé - épisode 1
La période m'a l'air faste pour ce qui est des perles de sites de rencontre. Dans ma boîte mail, ce jour, la dernière "originalité" en date. Je ne fais pas ça d'habitude pcq c'est pas sympa pour l'auteur, mais là, je ne résiste pas à l'envie de partager les manifestations culottés et propos déplacés d'un parfait (enfin...) inconnu (pour rappel, le type qui prend contact ne me connaît absolument pas, c'est son tout 1er mail). Zou ! Sujet : candidature spontanée |
Message : Madame, Le pire, c'est que ce genre de grand malade me fait tant rire que j'arrive pas à me décider à me désinscrire.... Suite aux prochains épisodes, qui ne manqueront pas de survenir... |
19 mai 2006
Aaaaaaaaaaaaaargh
Y'a quoi, dans ma boîte MSN, today ?
3 spams, 2 vieux messages que j'ai lus mais auxquels j'ai pas répondu... et... ah oui, cette lettre avec la tronche de 20 célib' de ce site de rencontres d'où j'ai la flemme de me désinscrire même si je vais voir 1X tous les 3 mois.
Je suis tjs curieuse de voir ces tronches, quand même. Ca doit tenir du voyeurisme doublé d'un enfantin "on sait jamais"... J'ouvre.
Et là, aaaaaaaaaaaaaaaaaargh, non, c'est pô possip' !!! Pas lui !!!
...
L'autre dingue du GSM !
...
Esc esc esc esc esc esc...
16 mai 2006
Destinééééééééééée
Quand y'a une grande assemblée de personnes lambda, dedans, y'a toujours un champion du monde.
Quand y'a un champion du monde dans les parrages, c'est toujours pour moi.
Comme j'étais dans la grande assemblée de personnes lambda, je me suis donc chopé le champion du monde.
(sophisme... ou presque)
Réunion au sein de l'Usine. Préliminaire à une suivante, quelque trois semaines plus tard.
On a fini nos devoirs du jour et l'on devise, entre collègues et inconnus. "Le verre de l'amitié", ils appellent ça.
J'ai dû parler avec ce type 10 minutes non consécutives. La conversation a glissé sur mon état civil, et quand un type amène à ça, ça n'est jamais innocent. Evidemment, nous oies blanches, on ne les voit jamais arriver et une fois que le sujet est sur la table, y'a plus qu'à ramer jusqu'à la rive. Bon. Je réussis à m'incruster à la table de mes collègues et essaie d'éviter de voir comme il me regarde à présent. Le dessert, c'est pas moi, merci d'en prendre note.
Non qu'il n'ait été sympathique. Il m'avait même plutôt fait bonne impression. Jusque là. Mais les sujets perso quand on ne se connaît ni d'Eve ni d'Adam et le regard de poisson mort dans la friture, ça casse l'ambiance. J'ai l'impression d'être le gros lot d'une tombola, tout en haut sur l'étagère, avec le projo dessus. Et dire que j'aime pas ça est un euphémisme.
Je suis au téléphone quand il s'en va et ne m'interromps donc pas, c'est super important : Ma Jumelle veut savoir comment elle fait pour trouver un relais animalier pour son colis par correspondance en Belgique pcq là, elle n'a que des adresses françaises. "Essaie le site.be plutôt que .fr", je dis. "Ah ouiiiiiiiiiii, oh mince !" Rires partagés. Pas blonde, mais des fois, nos origines nordiques reprennent le pouvoir sous la racine des cheveux.
Deux semaines se passent. C'est le temps qu'il mettra pour soudoyer une personne que je n'ai pas encore identifiée mais qui ne perd rien pour attendre et en obtenir mon numéro de portable. Premier SMS à 8h45, je suis en bagnole et fouille d'une main experte l'improbable contenu de mon sac à main pour voir qui c'est. Ben oui : les SMS, c'est forcément des proches, les autres appellent. Déception et râlage !
"Difficile à joindre au bureau dirait-on"... Quoi ??? Et il a sonné COMBIEN DE FOIS à l'Usine, déjà ??? Ils vont encore bien se foutre de ma gueule, les z'ôtres... Et cette démarche pour avoir mon numéro alors qu'une nouvelle rencontre d'Usine est prévue dans 3 semaines à peine... C'est le printemps ? On pourra pas se retenir ? Pffft...
"Ai reçu ton numéro de portable (merci, je vois) mais ne sais pas si je peux en faire usage (à ton avis ?) Aurais voulu poursuivre l'entrevue des plus agréable (sans S !) blablabla Te souviens-tu de moi ? Peut-être, peut-être pas ? (gnagnagna)
Alors là, non. Les types qui abordent les filles à 35 berges passées, je dirais même 40, comme à 15, je peux pas. "Te souviens-tu de moi ?" Ai-je marqué ta journée ? T'ai-je laissé un souvenir ? Te plais-je, quoi bon ? Je rêve. Image d'un éléphant avec sa tête en train de danser dans un magasin de pocelaine, sur "Le Beau Danube bleu" (ne me demandez pas pourquoi le beau Danube, les images mentales, ça n'a pas d'historique accessible).
Je réponds pas. Vais pas risquer 150 eurothunes pour un type qui m'énerve déjà de grand matin. Arrivée à l'Usine, j'envoie un clair "C'est mon portable pro. Si tu veux prendre contact, voici mon adresse MSN". Ca me paraît être un bon compromis. On pourra poursuivre cette "conversation des plus agréables" s'il le souhaite, mais à distance raisonnable pcq là, il me fait peur. Je suis vachement sympa, comme fille.
Mais lui, il doit pas piger le truc et prendre la réponse pour une invitation à poursuivre par SMS. Ca tombe bien, ce jour-là, j'ai vraiment que ça à foutre, et la sonnerie du message n'interrompt pas DU TOUT ma réflexion. Didjù !!! "Tu sais qui je suis ?" Non et je m'en bats les c***" là, j'ai des trucs à faire, je crois avoir dit que c'était pas un GSM offert par Rendez-vous.be mais par l'Usine et j'ai fourni un autre média de communication ! Dans mon infinie bonté - dont je commence toutefois à appréhender la limite, il n'est que 10h du mat' - je réponds mais l'après-midi, faut pas déconner, que je pense que oui, que j'ai le visage mais pas le nom (histoire qu'il pige que je ne suis pas le genre de fille qui parle à 1000 inconnus par jour mais qu'il n'a pas marqué mon esprit au fer rouge non plus).
Evidemment, il en profite insidieusement pour m'envoyer un nouveau SMS. Je suis en rendez-vous. Là, vraiement, il m'énerve. Comprends pas le français ou quoi ??? J'AI DIT QUE C'EST UN GSM PRO !!!! Putain !!!! Et encore pour un message débile de type qui sait pas s'y prendre avec les filles "C'est Machin mais je voudrais pas t'importuner (trop taaaaaaaaaaaaaaaaaaaard !) t'as peut-être pas envie qu'on se revoie (alors là, dans l'état actuel d'avancement des choses, non, plus DU TOUT DU TOUT !) et par delà poursuivre notre conversation (mais quelle conversation ? On n'avait pas fini ?) Ce serait malgré tout dommage d'en rester à une rencontre furtive (non !) Qu'en penses-tu ? (tu veux vraiment le savoir ???)
Là, je suis nettement moins sympa, comme fille, parce que ce genre de comique, tant qu'on est pas pétasse désagréable, il se décourage pas. Je réponds donc que je pense que là je bosse et que j'ai déjà suffisamment usé de mon GSM pro pour répondre à ses messages non pro, et que me semble-je, je lui ai indiqué un autre moyen de prendre contact.
Il renverra quand même un 4e SMS... Que je reçois à la caisse du supermarché où je fais la file et me contiens pour ne pas jurer à voix haute comme un charretier. "Désolé de t'avoir dérangé (sans e), mon ordi est en réparation, je ne saurais donc pas te contacter via ton mail (qui s'en plaindra ?)". Et en plus, il me prend pour une conne. Si on me dit de prendre contact par mail et que mon ordi est VRAIMENT en panne, j'attends pas 6h et 3 autres messages pour le dire, qu'il est en panne. Dans le genre "ben si tu veux pas du téléphone, je prendrai pas contact avec toi, nananère, à toi de voir si tu veux que je te parle plus, renananère". Stratagème à 2 balles. Il vient de passer de la catégorie "inconnu" à "connard" via la case "casse-couille". Tout ça en une journée. Belle perf' !
Message quasi incendiaire pour lui dire que non, je n'utiliserai plus le GSM pro pour lui répondre, qu'entre la bagnole, mon taff et les rendez-vous, ça me gave, ses SMS à répétition alors qu'on se connaît même pas. Silence. Ouf. Enfin.
...
Sauf que là, après une semaine, il vient de m'en renvoyer un ptit pour la route, de SMS. "Ce petit SMS (et gnagnagna) pour prendre de tes nouvelles (mais quelles nouvelles ??? ON SE CONNAIT PAS !) en attendant la réparation de mon ordi (tiens, il a dû se rendre compte du taux fort bas de crédibilité de l'argument, il le justifie en en reparlant... lourd, lourd, lourd...) et le must : "bisous" !!! Non mais ça va pas ???
J'en arrive à avoir peur de la réunion d'Usine où je vais les recroiser, lui et son bulldozer communicationnel.
C'est si difficile, de faire connaissance de façon calme, posée, circonspecte, subtile et progressive ? Putain !!! Pourquoi les types se fixent sur une nana et s'acharnent jusqu'à ce qu'ils l'aient (ou plus sûrement avec cette technique jusqu'à ce qu'elle lui signifie de dégager illico et de manière définitive) ? Pourquoi ils ont l'air de mendier avec des tas de tournures gnangnan ? Pourquoi ils ne se mettent pas naturellement au même niveau que nous au lieu de nous donner un statut d'objet de convoitise dont on ne veut pas et qui nous dérange (rien que le mot "objet", déjà) ? Pourquoi ils ne prennent pas la peine, le temps, de converser réellement avec nous, de nous connaître un peu, avant de nous agresser par un comportement qui ne laisse aucun doute sur la nature de leur attente ? Pourquoi ils sont si sérieux, comme si leur vie dépendait de notre réponse alors qu'on s'est vus une fois ? Pourquoi ils ne relisent pas le Petit Prince et sa rencontre avec le Renard ?
C'est difficile de rencontrer l'Autre. Le rencontrer réellement s'entend. Ca prend tu temps, ça demande un investissement, du tact, de la psychologie et, d'abord et avant tout, d'être à l'écoute de l'autre pour capter ses signaux d'approbation ou de désapprobation. Mais ça, ça signifie qu'on a vraiment envie de faire quelque chose avec l'autre, ensemble, et pas assouvir un souhait perso...
Suis pas près de ne plus être célibataire, moâ !!!