08 novembre 2006
Et la lumière fut...
Quand on me l'a montrée, j'ai trouvé ça formidable tout de suite et en ai fait l'acquisition sans rechigner vu que l'idée allait me simplifier drôlement la vie à moi, l'amateur(e??? avec toutes ces réformes du français...) d'éclairages indirects multiples qui devait jusque là me contortionner au sol dans des positions proches du surnaturel pour accéder aux fiches et interrupteurs : la télécommande à prises.
Le hic c'est que, alors que je mangeais ou que j'étais tranquillement affalée sur le sofa, ou à vaquer loin de ladite télécommande dès fois, paf, ça s'éteignait tout seul (et dans le noir, c'est vachement dur de la retrouver, c'te télécommande, vu que c'est pareil que pour celle de la TV ou du lecteur DVD : on sait jamais où on l'a déposée la dernière fois).
J'ai d'abord et comme pour tout le reste naturellement accusé les chats. Z'ont dû marcher dessus, se coucher dessus, forcément. Puis j'ai constaté qu'ils étaient parfois aussi éloignés que moi de l'objet du délit au moment de l'extinction.
Bizarre.
Je ne me suis jamais rendu compte que juste avant ou juste après, y'avait souvent un bruit de moteur. Nan. C'est plutôt avec l'hiver arrivant et la nuit débarquant à 17h30 que j'ai pigé. A cause des clignoteurs. Ma télécommande à prises, elle réagit aux fréquences des transpondeurs de certaines voitures. Donc les gens qui garent leur auto devant chez moi éteignent dans la maison à chaque ouverture ou fermeture de leur engin roulant.
Par contre, rallumer, ça, jamais... Et heureusement ! Parce que si quelqu'un rallumait juste après mon départ à l'Usine, chaque jour, ça finirait par me coûter cher, c'te blague !!!
13 septembre 2006
Tout le monde à le droit à son quart d'heure de célébrité...
Premier spectacle de ma saison culturelle : du cirque !
J’adore. Je retombe immanquablement en enfance dès l’entrée sous le chapiteau.
Ici, c’est un peu particulier : c’est du théâtre-cirque. Mais ça me fait un effet identique : je ris avec le clown, je tremble pour l’acrobate, j’ai la bouche béatement entr’ouverte et l’œil brillant.
Comme souvent dans ce genre de représentation, au bout d’un quart d’heure, les deux comédiens s’en vont quérir des cobayes parmi les spectateurs.
Damned ! L’un deux vient vers nous !!!! Je suis brune, N. est blonde, M. est brune : on ne voit que N., c’est forcément elle qu’il va choisir…
Eh bien non : apprenez que les Auguste modernes préfèrent les brunes… C’est moi qu’il extirpe de la foule (oui, malgré mes protestations).
Me voilà en concurrence avec la brune sélectionnée par l’autre clown, l’Auguste la vire – c’et toujours les Auguste, les Chefs – et me voilà assise sur une chaise, attablée en tête-à-tête avec un jeune homme rouge de gêne (comment ça, moi aussi j’étais rouge ??? Mais non !! Enfin…)
On n’a pas vraiment le temps de sympathiser, parce que tout tourne autour de nous, ça joue de la musique, jongle, virevolte… et me manque de peu à caque fois : je suis en effet devenue la cible préférée du clown, qui ne digère pas d’avoir vu sa candidate , renvoyée dans la salle. J’ai presque peur…
Mon collègue d’infortune et moi sommes restés là comme deux ronds de flancs, immobiles et évitant soigneusement de tourner la tête côté salle – dans un cirque, on voit vraiment trop bien les gens, jusqu’au dernier rang ! (Oui, c’était un petit cirque).
J’ai soupiré d’aise que les faits ne se déroulent pas dans ma riante cité, et puis j’ai gagné ma journée : j’ai eu un superbe bouquet de fleurs pour m’aider à me remettre de mes émotions ;o))
Il paraît que tout le monde a le droit à son quart d’heure de célébrité.
Ca, c’est fait…
07 septembre 2006
Chutes etc.
C'est dimanche et je bosse.
Déjà, ça part mal.
Heureusement, les réjouissances ne commencent qu'à midi. Ca me bousille ma matinée sportive dominicale, dont j'ai pourtant grand besoin - la durée de fermeté d'une cuisse étant inversément proportionnelle à la durée d'installation sur elle d'un chocolat aux noisettes entières - mais ça me laisse le temps de me laver les cheveux et de me revernir les ongles. Ben oui, les gens que je vais rencontrer aujourd'hui sont du genre à mériter qu'on se lave les cheveux pour eux.
Je trainasse un peu en pij', j'adore ça le dimanche, et me décide à faire un brin de débarrassage-de-table-de-salle-à-manger-qui-n'est-pas-un-dépottoir. J'emmène un mont tout à fait impressionnant de pubs diverses dont je me fous éperdumment vers la buanderie, eh hop, dans le carton à papiers, je referme la porte et BARDAAAAAAAAAAF !
Ca, c'est encore un de mes chats de malheur qui fait la java dans les caisses en carton vides - les chats ont une attirance presque pathologique pour les caisses en carton vides. Didjù, je vais devoir tout ramasser.
J'ouvre la porte... fumée blanche et poussiéreuse, oulah ! La catastrophe a bien plus d'ampleur que prévu, quand se dissipe enfin le nuage : mon faux-plafond s'est écroulé !!!
Alors, bon, d'accord, je n'aimais pas du tout du tout ces horribles lattes en plastic blanc genre cheap, surtout que j'avais repeint les murs en orange, sang et mauve. Mais je ne tenais pas NON PLUS à le faire refaire tout de suite, là, par ce beau dimanche.
Je nettoie tout et après, pour le coup, il est devenu drôlement nécessaire que je me les lave, les cheveux...
J'active, saute dans Titine, stoppe au bureau pour prendre le dossier et... Titine ne redémarre pas. Elle ne redémarrera jamais.
J'appelle un collègue au secours, tremblante à l'idée de louper le départ du car vers les serres.
Et il n'est que midi...
05 juillet 2006
Même pas peur
Déjà qu'il faut être à jeun et se lever aux aurores, ça part mal.
Il pleut.
Mais c'est l'été, alors, dans la salle d'attente, y'a que des vieux. Tous avec leur petit papier et leur vignette rose entre leurs doigts usés.
Les femmes ont le même style de robe en dyolène que moi, sauf que la mienne est toute neuve, avec encore l'étiquette "en solde", tandis que la leur est d'époque. La mode est un éternel recommencement.
Je regarde leur visage ridé et leurs joues creuses, leurs lèvres fines qui semblent être avalées par leur bouche, leurs cheveux rares et si fins, avec un peu trop de bleu dans le mélange - les coiffeurs devraient avoir des cours de chimie plus poussés - leur dos cassé par un début d'ostéoporose, les membres maigris mais le ventre gonflé. Que la vieillesse est cruelle au corps des femmes !
La salle est propre et impersonnelle, comme toujours. Ils ont eu la délicatesse de peindre en coquille d'oeuf et non en blanc aseptisé, c'est déjà ça. Les sièges de tissu, eux, portent davantage les marques du flot humain qui a posé les fessus dessus. Le faux plafond est en fibres d'amiante, ça me fait sourire. Le grand bureau en formica voit trôner en son centre l'imposante sacoche de cuir du maître des lieux. C'est le sceau du pro.
Il sort, suivant le petit vieux qui porte un polo de laine de ce bleu grisé qu'on dirait réservé aux plus de 60 ans. La cinquantaine svelte, la barbe blanche et des yeux bleus qui ont dû lui valoir une belle jeunesse, il me reçoit avec des gestes posés, dans un français châtié et une extrème déférence. On passe de l'autre côté.
Il me fait asseoir et examine mon papier, compte ses tubes, prépare son aiguille, se rapproche de moi... Di joss, mais c'est pas possible : il sent la bière, à 7h35 du matin !!!
09 mai 2006
Le prix de la soif
Dans les festivals, mieux vaut être dromadaire qu'éponge. Parce que pour ce qui est d'avoir à boire, c'est le parcours du combattant.
A croire que le chapiteau entier migre direk vers la tente à pintes. Heureusement qu'il y en a aussi qui doivent faire pipi...
Je fais la file derrière un petit nerveux qui sautille d'un pied à l'autre et ça m'énerve. Ca m'énerve aussi quand un pote à lui vient lui fler ses tickets pour qu'il l'approvisionne, puis deux, puis trois. Le vlà avec une commande de 10 bières et un préposé à l'aidationnement qui me précise qu'il ne dépasse pas mais est là pour soulager son pote. J'ai dû penser trop fort.
Derrière, y'a une conne qui croit qu'en m'infligeant de petites poussées dans les reins, la file avancera plus vite. Violente envie de lui retourner le bras. Je ne peux pas avancer davantage, je frôle déjà la chemise humide de sueur du petit nerveux. Pouah.
Y'a encore deux personnes qui tentent de doubler mais je défends mon territoire comme une lionne. Je déteste le manque de civisme de ces gens qui foutent toute une organisation sociale en l'air par égoïsme. Est-ce que je dépasse, moi ? Ah mais...
Je prends mes trois chopes et, pour le coup, m'éterniserais volontiers devant le sourire d'un des barmen. Mais ça pousse encore derrière, j'étouffe. S'échapper, vite.
Et c'est là que, d'un pas alerte et d'allure vie, mes chopes en avant comme des trophées, j'ai failli tout renverser sur... Adamo.
Je ne sais pas pourquoi, mais j'aurais été plus gênée que sur un inconnu. C'est bizarre, hein, notre rapport à la célébrité...
01 mai 2006
La porte !
Le premier pipi du matin, c'est sacré.
Soulagement primal, préliminaire obligatoire à toute autre activité, étape rituelle, intimité.
Moment qui ne souffre d'être interrompu ou partagé.
Donc, quand j'entends des pas derrière la porte, je tressaille. Bah, on ne fait sans doute que passer.
La clinche tourne. Le doute n'est plus possible. Une tierce personne s'apprête bien à pénétrer dans ma bulle intime.
Mes deux neurones s'activent - prouesse vu l'heure matinale couplée au brouillard causé par les effluves alcoolisées de la veille - afin de dégager la réaction la plus opportune et d'en mesurer les conséquences avant de choisir.
Plan A : me précipiter jusqu'à la porte et tenir la clinche
Evaluation : vu la démesurément longue distance qui me sépare de mon objectif et la gêne que ne manquera pas de causer à mes déplacements mon pijama abaissé sur les chevilles, l'entreprise a fort peu de chances de réussir
Plan B : rester dans la position initiale, tenter un "c'est occupé" informatif et dissuasif
Evaluation : on ne peut pas deviner que le lieu n'est pas disponible, donc mon "visiteur", fort de l'information et ne pouvant user de l'endroit comme il le souhaite vu ma présence, repassera plus tard
...
La porte s'ouvre
...
Grand moment de solitude. C'est fou ce qu'un événement court peut parfois avoir l'air de prendre une éternité. Ralenti sur le jour qui pénètre progressivement dans la pièce.
J'effectue une tentative assez pitoyable et relativement inefficace de camouflage de mes fesses au maximum pour offrir "mon meilleur profil". Si je puis dire.
Il ne m'a pas entendue, pas comprise, ou il s'en fout. C'est qu'il voudrait faire pipi lui aussi, point.
Donc il reste dans l'embrasure de la porte, insensible à mes "c'est occupé, je n'ai pas fini". Il se renseigne, voudrait bien que je me lève et sorte, je crois, afin de lui céder la place encore chaude.
Il referme la porte. Ouf, sauvée.
La rouvre. 15 secondes après.
J'ai tendu le bras mais même pas encore atteint le rouleau de papier...
"Je n'ai pas fini, tu veux bien me laisser finir ? Tu iras après...". Je négocie. Mais fondamentalement, je crois qu'il n'y a que moi qui trouve la situation problématique. Lui n'entre pas, vu que je n'ai pas fini, ça il l'a bien compris, mais ne voit pas l'utilité de refermer la porte et de me laisser achever en paix.
Les enfants ont un autre rapport au corps. A notre nature. J'ai les fesses à l'air, et alors ? C'est normal quand on fait pipi. Il m'a bien montré son slip Brazil tout neuf la veille, en baissant son pijama, où est la différence ? C'est moi qui suis gênée par ma nudité, qui me pose la question de savoir si c'est "bien" ou pas, que je lui laisse voir ma féminité en me levant et en me rhabillant. J'ai dû me laisser influencer sans m'en rendre compte par les propos d'une pseudo pédiatre. Mince. Il est tout mignon, tout innocent. C'est en faisant des manières qu'on va créer un problème là où y'en n'a pas.
Il finit par refermer la porte. Je termine, je sors. Tout est bien qui finit bien, lol.
Sauf que j'en entend une rire de bon coeur de ma mésaventure dans la chambre d'à côté... ;o))