21 mars 2007
Fin de shizophrénie
C'est drôle.
Je sais pas pourquoi j'ai cliqué sur ce lien alors que je bossais...
Sec.
Mon stylo virtuel est fichu. Plus d'encre. Plus de cartouches de rechange. Juste l'immensité du vide...
Point de stress de la page blanche pour autant. J'écris en suffisance, au quotidien. J'ai dit ce que j'avais à dire, ce que j'avais envie de dire ici, sans doute.
Fin de shizophrénie, de ce besoin de me glisser dans une peau virtuelle pour relater des épisodes de ma vie, si authentiques et pourtant reflet de la réalité vus par le petit bout de la lorgnette et ne dévoilant qu'une part du "vrai moi".
J'ai même pas pris la peine de refermer la porte en partant. De boucler la boucle. De dire "c'est fini". C'était évident.
Me revoici pourtant à noircir à nouveau des cases imaginaires. Des épisodes comiques, dramatiques - mais pas trop - se sont accumulés et ont poussé dans le dos l'Hariane qui hibernait à sortir de sa caverne Platonique à nouveau (ou à y entrer pour être abusée à nouveau par le monde des ombres et reflets ???)
Bah...
La frénésie de l'écriture blogguesque m'a quittée, c'est un fait. Sans doute ai-je retrouvé assez d'équilibre et de sérénité pour ne plus devoir recourir à son effet cathartique. Mais je repaserai peut-être, sans doute, de temps à autre, relater l'un ou l'autre fait sur lequel j'aurais envie de m'épancher.
L'envie, c'est ce qui me guide depuis quelques mois ;o))
31 août 2006
"C'est quand, le bonheur ?"
La ritournelle "calisienne" résonne à mes oreilles alors qu'il se défile à nouveau. La perspective de s'expliquer en face caméra ne le tente pas trop, dirait-on.
Ah qu'il est dur de se retrouver confronté à ses faiblesses, ses manquements, ses erreurs,... Un mal nécessaire cependant, pour progresser. Mais veut-il progresser ? A le voir ainsi, lâche et faux-fuyant, je me demande à quel point il se complaît dans sa petitesse au quotidien. S'en rend-il seulement compte ? Oui, assurément, depuis que je lui ai mis les yeux dessus. Mais il n'est pire aveugle que celui qui ne veut voir.
J'espère gagner au Jeu, cette semaine. Depuis le temps que je m'y efforce, la Loterie me doit bien ça ! C'est un cas de force majeure : je ne puis supporter plus avant de me retrouver sans cesse auprès de lui. Lui qui ne me parle pas, feint l'indifférence en public mais me regarde souvent comme le Fruit défendu, à la dérobée, trop fort pourtant pour arriver à détourner la tête plus vite que je ne relève le nez et ne tombe "à nez" avec Lui. Enfantillages insupportables dont je ressens le besoin impérieux de m'éloigner au plus vite.
D'autant qu'à la vue s'ajoute le son, les voix des Autres, ces Autres qui, pour la plupart, ne nous veulent que du bien, à Lui comme à moi, mais semblent inconscients du fait que me parler de Lui retourne un peu plus le couteau dans la plaie.
Toujours le même sujet. Mauvais Sujet ! Hier c'était : "Lundi quand je lui en ai parlé, il a fait un lapsus mais bon, il avait un petit verre dans le nez...", aujourd'hui : "hier quand il est remonté de la cantine, il avait l'air drôle. A force de travailler avec lui, je vois quand il a trop bu. Il est différent". Oui, je sais... Je sais aussi que je devrais laisser glisser, ne plus m'en inquiéter. Mais qu'il s'abîme ainsi m'atteint toujours. C'est hors contrôle. A ces mots, je trésaille, mon coeur bondit dans ma poitrine. C'est lui qui se flagelle à coups de Dive Bouteille mais c'est moi qui titube, trébuche et tombe. Encore. Malgré l'éloignement.
25 août 2006
Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, dit l'adage...
... or je ne suis pas morte. Je suppose qe c'est une bonne nouvelle...
Me revoilà déjà prise dans le tourbillon professionnel. Ca m’occupe aussi utilement qu’agréablement, d’autant que l’HDB n’est pas encore de la partie. J’ai donc un peu de temps pour reprendre mes marques. Je reconnais « ceux qui savent » à leur façon de me regarder. De me serrer la main. Pire, de me serrer la main a lieu de me faire la bise comme avant, mdr. De ne plus me regarder quand ils me parlent. Ceux-là même, pour certains, qui ne se privaient pas de le critiquer, lui et son penchant AA. Sans doute doivent-ils se dire que je lui ai répété tous leurs commentaires, arf ! Si je l’avais fait, j’aurais déclenché quelques mémorables disputes… Les gens peuvent se montrer bien bêtes en ne pensent même pas qu’on puisse aimer sans intérêt et savoir se taire pour éviter des conflits qui ne doivent pas éclater. D’autres sont sympas. Parfois là où je ne les attendais pas. Si l’on dit que c’est dans l’adversité qu’on reconnaît ses amis et que c’est vrai que quand on va mal on en perd toujours, j’ai l’agréable surprise d’en avoir gagné, aussi. La vie n’est jamais tout à fait belle ni tout à fait moche…
Comment je vais ??? Pas trop mal, je crois. Mieux qu’il y a un mois, ça, c’est sûr. Les tempêtes stomaco-cardiaque se sont calmées ; mes tensions internes, apaisées. Je peux donc me nourrir à nouveau normalement. Déjà repris un kilo dailleurs, didjù, le seul aspect positif de l’affaire tend donc à disparaître ! Je L’ai revu une fois. J’aurais voulu pouvoir dire, comme la Suzanne d’une série TV culte face à son ex-mari, que ça ne me fait plus rien, plus rien du tout. Mais ça n’est pas tout à fait vrai, pas encore. S’il est exact qu’il ne fait plus battre mon cœur sur apparition, j’ai quand même eu un pincement quand il a d’abord plaisanté sur le sport avec un autre avant de s’adresser à moi, quand il m’a parlé de choses et d’autres, évité LE sujet et tourné à l’humour les allusions que je n’ai pas manqué d’y faire. J’ai bien vu que c’était pour se donner une contenance parce qu’il ne sais pas bien comment se comporter face à moi et pour dissimuler son malaise, mais ça m’a encore touchée un peu. Puis je m’en veux de mes allusions. J’aurais voulu accéder à la sérénité liée à l’indifférence. Mais je dois être patiente, des plaies pareilles ne se referment pas si vite…
On a parlé, un peu. Par téléphone. Juste pendant la rédaction des lignes précédentes. Il parle de ses plaies. Mais pas de ses sentiments. Il dit qu’il ne m’en dira rien, que c’est à lui, à lui de les gérer et qu’il ne souhaite pas m’en parler. Que je parle et écris très bien et que lui ne sait pas faire ça. Qu’il a toujours tout gardé en interne et qu’il ne changera pas. Ca veut donc dire qu’il éprouve quelque chose… en voilà, une bonne nouvelle !
Il est naïf. Il croit que je suis sincère quand je lui dit que je ne comprends pas. Il pense que je n’ai pas vu qu’il avait manqué d’amour, qu’on ne lui a pas donné le mode d’emploi quand il s’est construit, que l’image de parents qui ne s’aimaient pas et chez qui il n’a jamais vu d’échanges d’affection ou de complicité lui font reproduire le même schéma dans ses propres relations… Il doute que j’aie perçu que ce qu’il regardait dans mes yeux, c’est son propre reflet sublimé, qu’il avait besoin que je le soutienne, l’admire, m’extasie inconditionnellement. Il n’envisage même pas que j’aie pu remarquer sa fierté de m’exhiber devant ses amis. Et que j’ai bien compris que c’est quand j’ai commencé à égratigner son joli portrait en évoquant son penchant AA, ses faiblesses de caractère à la ville comme à l’Usine , sa vie de famille bâtie sur des mensonges ou son égocentrisme chronique versus mes sacrifices constants que nos rapports se sont dégradés…
Il finasse, évite, tourne autour… Il m’agace. Je me demande comment j’ai pu supporter ça, moi qui aime les choses claires, les gens francs et directs. Il est faible. J’aime les forts. Pourtant, je n’ai pas eu de pitié pour lui mais des sentiments sincères, jusqu’au bout et malgré le fait qu’il me détruisait par ses excès constants. Juste qu’aujourd’hui, je me demande sur quoi s’asseyaient ces sentiments. Je ne leur trouve plus de raison objective. C’est moche. J’ai un peu honte de ce que j’éprouve. Il garde ses côtés attachants mais j’ai perdu ma dépendance en même temps que je me suis demandé à quoi elle se raccrochait. Libre, je suis libre ?! Mouais… en tout cas, j’ai réussi à briser pas mal de chaînes. C’est toujours ça de pris.
J’ai fait pas mal de séances-papotte avec mes amies. Une vraie thérapie, et je ne parle pas que pour celle qui est psy… ! Qu’on m’écoute, me comprenne, m’amène à réfléchir et à m’exprimer plus loin que je ne l’aurais été seule, tout ça sans me juger, évidemment, ça m’a fait du bien ! On est toujours capable de plus de discernement dans les problèmes des autres que dans les siens et leur vision m’a apporté, indiscutablement… pas seulement parce qu’elles m’ont confortées dans mes opinions ;o)) mais aussi et surtout parce qu’elles ont su m’amener à ouvrir des portes que je gardais fermées par peur de ce que j’allais trouver derrière.
Je me suis retrouvée aussi, un peu. En me demandant enfin depuis tant d’années où je me suis perdue dans l’Autre ce dont MOI j’avais envie. La danse est redevenue une priorité quasi vitale. J’ai déniché un nouveau club et décompte les jours qui me séparent encore de septembre, moment de la reprise. Un autre sport de type chorégraphique genre Tae Bo, le fitness, toujours, et un peu de natation si je trouve… une piscine convenable, véritable gageure dans ce coin !!! Des concerts, toujours, des ballets aussi car si j’aime pratiquer, j’aime également regarder ! du théâtre, enfin, dans une programmation accessible à l’ex-blonde que je suis… Le ciné plus souvent, y retourner malgré les DVD, cesser de faire la fainéante en attendant leur sortie ! Si je m’étais écoutée, j’aurais aussi repris le dessin et l’espagnol, mais là, je crois que ça ferait vraiment trop… Vu que je veux un massage/sauna/hammam par mois et un city trip de temps en temps…
Je vais bien ?! Ben disons que oui alors. Même si je suis une acheteuse compulsive dès que mon moral descend dans le rouge, comme si j’avais besoin d’améliorer le plus possible l’aspect extérieur pour compenser le désastre intérieur, et que vu le nombre de fringues qui se sont accumulées ces derniers temps, je ne dois pas être tout à fait guérie…
17 août 2006
Lost
L’avantage, quand on a touché le fond, c’est que les claques qu’on reçoit ensuite ne nous font pas descendre plus bas. Même si elles ne contribuent pas à nous aider non plus et qu’on leur aurait préféré une main tendue. Je suis donc assise, le cul sur les carreaux du fond de la piscine, en me demandant quand je vais enfin trouver la force de me pousser pour remonter. C’est à se demander si j’ai réellement envie de refaire surface… étrange sentiment…
J’ai opté pour la survie, soit d’assurer le service minimum et de ne pas avancer les choses que j’ai à régler quand je serais rentrée. Je suis venue ici pour me reconstruire et l’édifice est si précaire que je ne peux pas me permettre de l’exposer aux vents et tempêtes. Pas encore.
Je ne pensais pas qu’on puisse être si mal. Dans l’absolu. J’avais déjà eu des coups de blues et déprimes plus ou moins importants – qui n’en a pas, au cours de sa vie ? – mais je ne savais pas qu’il existait tant d’étages plus bas que ce que j’avais déjà connu. Je ne croyais pas possible, non plus, qu’un Autre puisse en être la cause. Qu’on pouvait donner tant d’importance à quelqu’un – c’est progressif, et inconscient tant que tout va bien - , lui faire une place si grande dans notre univers, que tout bascule avec Lui.
J’ai connu l’Amour. Le vrai. J’ai aimé à me perdre dans l’Autre. La fin de l’histoire est aussi douloureuse que le bonheur fut intense autrefois. Est-ce le prix à payer ? J’espère qu’avec le temps, je saurais apprécier le fait qu’il m’est été donné de vivre un tel amour et que j’en aurais relativisé la souffrance…
Je me croyais plus forte, c’est évident. Moins perméable aux actes, pensées, gestes d’Autrui. Même si je me savais fragile et que je me suis toujours protégée derrière un fort tempérament : je savais que je pouvais être atteinte, parfois cruellement, mais je ne doutais pas que je puisse encaisser, faire face et finir par surmonter. Oh je surmonte, peu à peu. Mais c’est un véritable chemin de croix. Misère !
Après un repli total sur moi, noyée dans les larmes et la douleur mentale si forte qu’elle en cause une physique, puis une semaine de sorties frénétique de type « Même pas mal ! Je sors, je bouge, je vis et je profite » tout à fait inefficace car ne me renvoyant que davantage à ma tristesse et à ma solitude au milieu de tous ces gens qui s’amusent réellement, j’ai totalement perdu pied, forcément. Il ne faut pas brusquer les choses. Nos proches nous encouragent, nous forcent à nous en sortir « pour notre bien », les Autres n’aiment pas les drames ni les larmes donc il faut se montrer sous un jour positif. C’est épuisant. Or on est déjà épuisé. Intenable. Totalement intenable.
Ici, j’ai retrouvé mes racines, des éléments inébranlables, qui n’ont pas changé et ne changeront jamais, des habitudes auxquelles me raccrocher pour redonner un rythme stable à ma vie, de l’affection vraie, entière et silencieuse, celle dont on est enveloppé par ces gens-là depuis la naissance et qui nous suivra tant qu’il seront là pourvu qu’on les laisse nous la prodiguer. Une véritable régression, en fait. Nécessaire retour à un sentiment de sécurité permettant de renaître, grandir à nouveau.
…
Je suis donc retournée aux mûres. Devant le succès remporté par la 1e tarte et l’amputation progressive du dernier morceau au fil des passages dans la cuisine où chacun « se coupait une tranchette ». Mais, cette fois, c’est armée d’un bâton que j’y suis allée : l’on avait en effet aperçu la veille un serpent – couleuvre ou vipère ??? – qui prenait le frais moulé sur une branche de mûrier… Je n’ai point croisé l’affreuse bestiole et la récolte fut encore meilleur que la fois précédente, les mûres pas mûres ayant mûri… L’on a jugé l’œuvre encore plus réussie et elle fut de ce fait plus vite engloutie. La cuisine est un art éphémère.
L’une de mes blonderies de vacances – une liste exhaustive serait trop longue ;o)) – a été d’acquérir, pour honorer les demandes qui m’ont été formulées – un foie gras entier cru et non demi-cuit. Quelle idée, aussi, de leur allouer un conditionnement identique ! Vu le prix, il eut été dommage de le gâcher. Mais je ne me voyais pas dire à mon commanditaire « voilà, y’a plus qu’à le cuire », comme Coluche disait à sa femme « y’a plus qu’à le moudre » du café qu’il lui portait au lit… J’ai donc bénéficié d’une formation accélérée en préparation et cuisson de foie gras au gros sel… Trop facile ;o))))))) Fière, j’étais.
Je n’ai presque plus pleuré. Cicatrisation ou pénurie de larmes ? Le soleil m’a fait du bien. L’océan, les jeux dans les vagues, aussi. J’ai lu. Beaucoup. Ca m’a été salutaire également. D’abord parce que j’ai renoué là avec un plaisir de toujours auquel je ne m’adonne que peu durant l’année, faute de plages horaires suffisamment grandes disponibles. Mais aussi parce que j’ai dévoré LE livre qu’il me fallait, celui qui a mis un mot sur mes craintes, peurs et douleurs, celui qui m’a remis en mémoire celle que j’étais « avant », celui qui m’a confortée dans mes convictions et mes choix. Je n’ai rien appris mais j’ai eu grand bénéfice à voir écrit ce que je ressentais et que j’ai un temps perdu de vue.
C’est le cœur bien serré que j’ai refermé la barrière de la maison derrière moi, au moment de partir. Cette maison que je ne voyais, que je quittais pour la dernière fois. L’an prochain, un autre abri accueillera mes joies et peine de l’année. Sans histoire mais riche de promesses. A nous d’y construire nos souvenirs.
04 août 2006
Séquence Calimero
Ces derniers temps, quoi que je dise, c'est mal pris, et quoi que je fasse aussi, on dirait. J'ai l'impression que j'ai moins le droit de me planter que les autres. Que tout ce que je dis ou fais prend tout de suite de plus grandes proportions. Que j'ai pas le droit à l'erreur.
J'ai bien fait de m'exiler ici...
Et j'aurais pas dû chercher à garder un lien, même virtuel, avec mon quotidien.
D'abord, y a eu ces 1e vacances où après un règlement de compte de 40 pages destiné à clore définitivement le débat, j'ai voulu me défoncer pour oublier, L'oublier, tout oublier... Me perdre dans l'alcool et le reste, anesthésier les plaies béantes dans lesquelles il a jeté des brassées de sel pour être bien sûr que ça ne cicatrise pas... Me laisser aller complètement, perdre le contrôle et me laisser porter pas mes amis pour qu'ils me gardent la tête en surface, que je continue juste à respirer... Mais comment exiger d'eux de me comprendre si je ne leur ai rien expliqué ? Je ne peux pas, c'est trop demander, je le sais. Mais comment exprimer une douleur si grande ? Y a pas de mot pour ça... Puis pas d'envie, pas envie de les saoûler avec mes malheurs, pas envie de gâcher la fête, ce que j'ai fait, pourtant... On avait chacun nos blessures apparemment, dont on n'avait pas parlé et plusieurs, moi en tête, ont mal pris l'un ou l'autre truc que l'un ou l'autre a dit... Putain de vie... Et lui qui ne m'a pas laissée tranquille, là, qui m'envoie 2 SMS à une minute d'intervalle pour me demander comment se passe la fête puis quand je me décide à lui répondre je me rends compte qu'il est de sortie, sans doute l'esprit festif que je lui jalouse parce que moi je n'ai pas réussi à l'avoir et ivre-mort (pas tant que moi au même moment, j'avoue) et me fait totalement perdre pied. Puis qui m'appelle (enfin) le lendemain matin pour me prétendre que ces SMS ne m'étaient pas destinés et qu'il s'était trompé... Faut déjà le faire pour se tromper de destinataire une fois, mais 2, en une minute... Il ment, il assume rien...
Et ça continue encore et encore, parce que mon explication, que je lui réclamais par 2-3 SMS par jour, il a voulu me l'accorder... pile le soir où j'ai posé mes valises au 2e lieu de vacances... Un "Je t'appelle, promis" que je croyais voir sans suite, comme les précédents... Or il m'appelle...
"Je suis au pub, tu veux une explication, eh bien rejoins-moi"
Sa voix tressaute, il accroche sur les mots : manifestement, il ne m'a pas attendue pour vider le 1er ! Saoul comme beaucoup trop souvent, raison de nos disputes exponentielles et de sa fuite vers un ailleurs, comme il me le dira plus tard, ou verres bus pour se donner du courage ? En tout cas, je ne supporte plus de le savoir ainsi... Je lui explique que, vu la distance, ça me paraît difficile. Il s'emballe, l'alcool le rend agressif, je sens que cette conversation ne va déboucher sur rien de bien... Et j'ai raison.
Il me demande comment ça va là-bas, mais moi j'ai pas du tout envie de badiner avec tous les non-dits qu'il y a entre nous et ce putain d'abcès que je voudrais crever, je le lui fait remarquer mais il minimise, ça m'énerve, je lui rappelle les faits d'un ton cassant en lui faisant remarquer que moi, j'en ai encore gros sur la patate et pas envie de rigoler, qu'il a lourdement contribué à gâcher mes 1e vacances et qu'il ne va pas gâcher les secondes, alors forcément il monte sur le même ton que moi...
Et je rencontre pour la 2e fois un homme que je ne connais pas. Lui, si familier, se transforme en monstre. Il dit que s'il m'a fait du mal je lui en ai fait tout autant (c'est vrai mais l'avait qu'à pas commencer), je ne vois pas en vertu de quoi je me serais laissée faire sans rien dire... mais il me l'explique vite : il part dans un délire paranoïaque où il prétend qu'on est deux à oudrir une machination contre lui pour le détruire, que j'ai répendu des rumeurs sur lui alors qu'au lendemain même de l'incident j'ai disparu de la circulation donc ça n'est forcément pas moi (ce qu'il reconnaît mais c'est de ma faute si les gens ont parlé, médit et répendu des infos erronées sur lui, selon lui) et qu'il se vengera en nous cassant sur le plan professionnel, pas maintenant (car on saurait bien pourquoi il agirait ainsi et on ne le laisserait pas faire, pas bête, l'animal) mais dans 2, 3 ou 5 ans, que mes SMS s'apparentent à du harcèlement (hein ???) et qu'il ne manquera pas de le faire valoir, qu'il est mort mais que ha ha ha, on va mourir avec lui, qu'il va nous briser. Entre 2, il me dit 5-6 fois qu'il m'aime encore, qu'il m'aime encore parce que ça... (et il n'ira pas plus loin). Mais après m'avoir brisée sentimentalement, il va me biser sur un autre plan aussi. Histoire d'être bien sûr que je m'en remettre jamais ???
Il a même le culot de me lancer, après son dernier "je t'aime encore", un "et toi aussi, je pense que tu m'aimes encore"... je n'en reviens pas de son assurance et après un silence destiné à la réflexion (mais totalement inutile car le surréalisme de la situation a stoppé net toutes mes connexions cervicales) je tente le "oui", pour voir... Et il triomphe dans un "ah ben alors tout va bien !" que je casse net par une mise au point très claire sur le fait qu'après ce qu'il a fait et ce que je venais d'entendre il n'était plus question de rien, moi et ma grande gueule... : il repart alors dans ses menaces, me raccroche au nez, me rappelle dans la minute pour en proférer d'autres, affirmer que les choses qu'on m'a rapportées sont fausses, nier certains faits, etc. Je ne dis plus rien, mon esprit surfe déjà sur emploi.be et je me dis que vraiment la vie est trop injuste... Punie pour avoir aimé... Avoir tout accepté : la famille, les excès, l'alcool, les portes qui claquent, les refus de regarder la réalité en face... Pour être non seulement dénigrée, trahie, mais aussi voir sa vie brisée...
Et on voudrait quoi, de moi ?
Moi je ne veux plus rien.
De personne.
Personne ne peut comprendre. Et je ne suis plus capable de comprendre les autres non plus, je crois. Une grande période d'isolation commence : si tout part en couille autour de moi, y'a pas de hasard, je dois y être pour quelque chose. Mais je suis pas parfaite. Je fais pas toujours tout bien. Je le fais pas exprès pour autant. Pourquoi j'ai pas le droit...?