16 octobre 2006
Etat-thon
Mesdames, Messieurs,
Suite au succès de l'opération cap48,
à la forte augmentation de vos dons qui permettront de financer des tas de chouettes projets,
à votre générosité jamais démentie,
l'Etat fédéral lance aujourd'hui un grand ETAT-THON !
Objectif : trouver avant ce soir le milliard d'euros manquant pour financer un chouette projet : l'Etat fédéral himself.
Vos dons sont à verser sur le compte du Ministère des Finances ou via la hotline. Notre opérateur téléphonique, Didier R., attend vos appels sur la ligne habituelle.
DONNEZ !!!
10 octobre 2006
Votons, il en restera toujours quelque chose...
C'est pas dommage que les élections soient passées et qu'on enlève enfin les affiches électorales arborant des bouilles souvent joufflues (trop de restos pour les élus ???) sur fond de cliché ringard et passéiste qui donne plus envie de voter pour les autres... jusqu'à ce qu'on voie la tronche des autres, du même accabit...
Bref. Vox populi, vox Dei.
Sauf que les majorités qui se créent sont parfois tout sauf le reflet du verdict des urnes.
Et que les candidats bourgmestres ou échevins ou conseillers provinciaux avancés par les arcanes des partis ne sont pas forcément ceux qui ont récolté le plus de voix de préférence.
Alors, à quoi bon ??? Coluche disait, il y a déjà fort longtemps, que si voter changeait quelque chose, ça ferait bien longtemps que ça ne serait plus autorisé... D'un autre côté, quand on voit qui fait un gros score populaire, on en viendrait à se demander si le suffrage universel est vraiment une bonne idée...
Je ne suis pas contre le cordon sanitaire démocratique, hein, attention, ça n'est pas de ces alliances et non-alliances-là que je parle. Mais des autres. De celles qui se font au mépris des accords préélectoraux - même si des fois c'est bien fait, na, et qu'après tout, c'est le jeu politique/politicien - ou de ce que souhaitait la population (pour les exemples, cf la presse, ce serait trop long...) Et puis certains paient fort et cher cette trahison dans d'autres communes...
Je ne suis pas contre le fait qu'aux communales, en vertu du caractère de proximité, l'on vote pour des têtes qu'on connaît, des gens sympatiques (faute d'être vraiment compétents ?), motivés, idéalistes, altruistes, engagés dans l'associatif sans calcul, vraiment soucieux d'améliorer le quotidien du plus grand nombre. Que du contraire. Mais il faut dissocier les humanistes idéologistes des conviviaux festifs, de ceux qui mettent facilement une tournée générale ou qu'ils sont "bien gentils" qu'ils auront l'envergure nécessaire à endosser un rôle important dans la chose publique. L'engagement politique, c'est du sérieux (pourquoi tout le monde se marre ??? Mais si, c'est du sérieux !). Au-delà de la fête post électorale, il faudra bosser ! S'en soucient-ils tous vraiment ?
Bonheur : les partis non démocratiques semblent plafonner (déjà bien trop haut à mon goût chez nos voisins du nord du pays) et n'ont pas spécialement bénéficié de la perte de sièges chez les formations tollières.
Malheur : j'ai trop entendu de gens affirmer qu'ils n'avaient absolument rien à foutre des élections, qui ne s'intéressaient pas aux résultats, que ça les "gonflait". Car si eux ne se préoccupent pas de la vie publique, la vie publique intervient dans leur vie chaque jour...
Mais c'est pas parce que la politique c'est du sérieux qu'elle ne fait pas sourire, alors ne nous privons pas de ceci :
http://www.youtube.com/watch?v=ft0MvZRx3WQ
http://www.youtube.com/watch?v=0dguKikz7Ec&NR%20
.
05 octobre 2006
Une affaire ?
A l'entrée du supermarché, hier, on pouvait lire ceci :
Promotion
Oiseaux sans tête, 5+1 gratuit
5,99€/kg
D'où mon interrogation : ça pèse combien, un oiseau sans tête ???
04 octobre 2006
Casperintégration
Mois +4 : j’ai enfin réussi à apprivoiser (partiellement) Casper-le-Chat.
Et je ne suis pas peu fière !
Vu qu’au départ, le seul bruit de mes pas le faisait disparaître dans des coins obscurs de la maison dont j’ignorais moi-même l’existence (c’est fou ce que c’est souple et ce que ça peut se faire petit, un chaton).
C’est même cette propension à la disparition qui lui a valu son patronyme, en plus de sa couleur blanche, fort à propos pour cet idiome fantomatique.
Il faut dire que j’en ai passé, des heures, assise ou allongée par terre sans bouger, pour qu’il s’habitue à ma présence comme à celle des autres meubles du sweet home. J’en ai des escarres… Mais bon, on n’a rien sans rien.
Je dois beaucoup, aussi, au comportement amitieux de ses congénères et au mimétisme des petits envers leurs aînés… dommage qu’il ait aussi adopté leurs mauvaises habitudes, comme celles de me tourner autour des pieds le matin dans l’escalier alors que je ne suis pas DU TOUT réveillée, à mettre le nez dans la nourriture que je me prépare dès la 1e seconde de mon inattention ou à s’ajouter à la parfaite association de malfaiteurs que constituaient déjà les autres quand il s’agit d’éclater une pelote de laine et de la « dépeloter » de préférence autour de la table et des chaises de la salle-à-manger, histoire de me faire ramper sous les meubles pour faire effectuer le chemin inverse à ladite pelote ainsi démantibulée.
Mais je peux désormais le caresser à loisir, c’est parfois même lui qui vient solliciter les câlins. Il a trouvé ses places de sieste. Il pousse les autres quand je verse du lait dans les gamelles. Bref, il est parfaitement intégré à son foyer d’accueil. Et ça, ça n’a pas de prix.
Du coup, il va pouvoir sortir. Ce qui lui était interdit dans la mesure où je n’étais pas certaine qu’il rentre.
Mais avant, il faut finir le chemin en « tion » : adoption, intégration, éducation, vaccination et castration.
Je sens qu’il ne va pas aimer.
Verdict demain soir.
02 octobre 2006
Le poids des mots...
Le concert contre le racisme et pour la tolérance n’a pas déplacé les foules dans la cité où j’ai été le voir.
Doit-on en conclure que, dans cette ville hautement bigarrée et riche de plusieurs dizaines de nationalités cohabitantes, y’a beaucoup de racistes ? J’espère que non. Je ne sais pas ce qu'il y avait à la TV ce soir-là...
C’était chouette.
Enfin, dans l’ensemble.
Parce qu’il y a quand même eu, malgré une débauche de bons sentiments, des dérapages verbaux ou, dirons-nous, des « expressions d’émotions malheureuses ». Car je crois qu’il s’est agi là plus d’ignorance que de mauvaises intentions. Mais oups quand même.
Y’avait des slameurs et des rappeurs du cru, le genre « poètes urbains », pour user d’une expression à la mode.
L’un d’eux était assez agressif dans le ton et super négatif dans le contenu. Je veux bien qu’ils relatent tous, à la base, la douleur des cités, la dureté de la vie, etc. mais quand même, je ne sais pas si c’est très bon pour les spectateurs, pour leurs cadets, qu’on ne leur évoque pas même une lueur d’espoir, qu’on remue ainsi tout ce qu’il y a de plus mauvais dans son aspect le plus sombre. L’exploitation des peuples, l’esclavagisme, c'est bien réel mais au lieu de se lamenter, il est temps de dépasser cette imagerie, de mettre en avant aussi les grands hommes de tous les peuples, ceux qui ont fait avancer les choses, c’est ça qui motive et donne espoir.
Seul point intéressant : tous ont abordé l’émancipation par le savoir.
Les autres, pour moins agressifs qu’ils étaient, avaient un peu de mal avec le savoir, justement. Aussi négatifs que le premier, d’aucuns ont fait référence nommément à certaines formations politiques (ça ma foi, c’est leur droit. J’eus juste aimé qu’ils développent), mais aussi la Bible ou la Franc-Maçonnerie. Des citations faciles auxquelles ne convenaient pas les images qu’ils leur associaient. C’est au moins aussi démago que les promesses des politiques en place qu’ils fustigeaient, même s’ils n’avaient pas conscience de leurs raccourcis scabreux.
Enfin, certains ont aussi fait mention de la justice de Dieu, des comptes à rendre au Créateur. L’idée était louable dans le sens où ils voulaient signifier que les bonnes actions finissent par être récompensées et les mauvaises, punies, mais je m’offusque du fait qu’on ne s’en réfère pas à la justice des hommes, d’abord. Est-ce qu’ils voulaient sous-entendre qu’ils ne lui faisaient pas confiance ? Ou qu’ils ne lui accordaient aucune valeur ? Dans nos sociétés, on a voulu la séparation entre église et état. C’est une avancée démocratique à laquelle je tiens beaucoup. Et pour moi, s’en référer à la justice divine, c’est fouler au pied la démocratie participative.
Comme dit plus haut, je ne crois pas que les intentions des slameurs aient été mauvaises. Mais quand on prend la parole en public, qu’on veut faire passer un message de paix, de tolérance, de fraternité et de compréhension mutuelle, il me semble nécessaire de mesurer ses mots, ses images, ses références. Pour éviter les mésinterprétations de la part des récipiendaires. Ainsi que l’exacerbation des différences, qui attise le feu des haines.
Il est donc urgent d’apprendre. De revoir un peu les grilles des programmes scolaires pour y intégrer des cours de citoyenneté plus marqués. De vraies leçons sur le fonctionnement de notre pays, de la démocratie. Des cours de religionS, aussi, histoire d’avoir une vision plus globale.
Comme l’a dit très justement le tout jeune leader d’Ete 67 : « comprenez-vous les uns les autres ». Ca me semble en effet être un élément essentiel. Et pour se comprendre, il faut se connaître.
Mais je suis malgré tout très satisfaite de leur présence. Les organisateurs ont pris un risque en laissant monter sur scène des visages peu connus. Au glamour d’un rassemblement de stars belges, ils ont préféré ouvrir la porte à tout qui voulait s’inscrire dans le mouvement. Et ça, c’est vraiment très louable.
Dans nos "vedettes", BJ Scott a été touchante, elle qui parle de son « immigration », puisqu’elle considère notre pays comme sa terre d’accueil. Bien sûr, c’est plus facile de s’intégrer quand on est célèbre, blanche et américaine… Mais elle a eu des mots très beaux. Elle a aussi abordé notre communautarisme – comme Marka au travers d’une chanson clin d’œil sur la Belgitude – en nous rappelant que ce serait pas mal si, déjà, Wallons et Flamands faisaient plus de pas les uns vers les autres. Il ne faut pas aller loin pour rencontrer l'obscurantisme, de fait.
Un autre intervenant de poids dans cette soirée a été Adamo, pas du tout perdu, malgré son étiquette de variété francophone, au milieu de rockeurs purs et durs, de rappeurs, de groupes de reggae. Quand il parle de tolérance et d’amitié entre les peuples, ça sonne vrai. Et lorsqu’il entonne « Inch Allah », c’est le silence d’une écoute respectueuse qui s’installe dans le public.
Une bien belle soirée dans l’ensemble, donc, pourvu que, comme l’a souligné Adamo, on ne se contente pas d’apprécier la musique des autres le temps d’un événement, mais qu’au-delà, on aille vers l’autre pour l’apprécier tout entier…