23 mai 2006
Jour J-1
La valise est bel et bien bouclée, reste plus qu'à nourrir mon lecteur MP3 et je suis fin prête.
C'est pas la fête, à l'Usine. Les paris sont ouverts...
J'ai pris congé cet aprèm' pour faire diverses courses de dernière minute et constituer une pharmacie de 1e soins, vu que c'est quand même moi qu'on va réveiller et qui vais devoir prendre un taxi vers la pharmacie de garde si besoin, hein !
A la radio, j'ai entendu THE nouvelle du jour : c'est l'anniversaire de François Feldman. Putain, faut vraiment que j'aie rien à raconter pour relater ça, moi. Triste vie.
22 mai 2006
Jour J-2
Valise : achetée. Oui, orange. Ca se repère plus facilement, dans la masse, non ? J'ai just eu un peu l'air d'avoir pris le centre commercial où je l'ai acquise pour un hall d'aéroport quand j'en suis sortie, en la tirant derrière moi. Ben qwé ??
Contenu : checké. Défait. Re-checké. Redéfait. Ben oui, beau temps, mauvais temps ? Pulls, gilets et anorak ou marcels, minis et tongs ???? Au final, m'en vais 5 jours et j'ai suffisamment de fringues pour tenir un siège d'un mois. Reste : les produits de soins que j'ai besoin jusqu'au dernier moment. Suis sûre que je vais ecore réussir à oublier ma brosse à dents.
Billets : dans le sac. Les sous : pfft, mais j'ai plus rien, à cette date !
Moral : niveau -3. J'abandonne lâchement Maggie malade, je rate le souper de départ d'un pote, un concert de Yel et une soirée d'enfer. J'ai besoin d'être entourée d'amis, et je me barre avec des inconnus. Manquerait plus qu'il fasse pas beau, tiens.
Je rêve plutôt d'une île déserte où j'emmènerais yous les bouquins que je thésorise compulsivement sans trouver le temps de les lire. Un palmier, du sable, un transat et juste le bruit du ressac.
NB : penser à ramener un Monde Diplo pour M.
20 mai 2006
Essai d'étude sociologique du comportement de l'hominidé en quête du sexe opposé - épisode 1
La période m'a l'air faste pour ce qui est des perles de sites de rencontre. Dans ma boîte mail, ce jour, la dernière "originalité" en date. Je ne fais pas ça d'habitude pcq c'est pas sympa pour l'auteur, mais là, je ne résiste pas à l'envie de partager les manifestations culottés et propos déplacés d'un parfait (enfin...) inconnu (pour rappel, le type qui prend contact ne me connaît absolument pas, c'est son tout 1er mail). Zou ! Sujet : candidature spontanée |
Message : Madame, Le pire, c'est que ce genre de grand malade me fait tant rire que j'arrive pas à me décider à me désinscrire.... Suite aux prochains épisodes, qui ne manqueront pas de survenir... |
Jour J - 6
Comme l'an dernier, l'expérience s'était avérée agréable, j'avais dit "Ok" pour cette fois aussi. Dès notre retour.
C'est vrai, hein : je fais ce que j'ai à faire pour l'Usine, et je donne un coup de main pour l'encadrement, contre logeation, mangeation et soleil. Un deal win-win.
Mais voici quelques semaines, le Resonsable-mais-pas-coupable m'annonce, entre la poire et le dessert, genre "tiens, au fait..." suivi d'un truc qui n'a rien à voir et n'augure rien de bon, que je serai "sûrement" seule à partir, cette fois.
Détail 1 : je ne fais pas partie de la cellule organisatrice... Je ne suis pas formée pour ce genre de chose, moâ...
Détail 2 : les participants sont 2 fois plus nombreux que l'an dernier...
Je garde pour moi - avec certaine difficulté - mon avis sur l'attitude d'un service qui organise une opération de renforcement de la culture d'entreprise et de reliance entre travailleurs... et dont les membres croient tant au projet qu'ils ont tous un truc plus intéressant à faire que d'y aller sont tous malheureusement indisponibles à la période du séjour considéré. Je n'insinue ne parle pas davantage que la correspondance entre la période du séjour et le congé de l'Ascension est sans aucun doute peut-être à l'origine de cette désertion cette indisponibilité et que si l'on était parti durant des jours de travail on aurait eu plus d'amateurs.
Je l'interroge quand même sur ce qui arriverait si je devais accompagner un imprudent/maladroit/blessé/malade à l'hôpital. Parce que cela signifie que je suis obligée d'abandonner tout le reste du groupe à son sort durant un laps de temps indéterminé. Réponse évasive. Et paternalisme genre "bah, il n'arrivera rien...". On parie ? Je l'espère.
En réunion, on me confie l'ensemble des billets de train et les ch'tites étiquettes à bagages. J'eus préféré qu'on évite de m'adresser un : "Fais attention de ne pas les perdre, hein", parce que si on n'a pas confiance, ben on n'avait qu'à venir avec moi, hein ! 'vous jure...
Là où j'ai vraiment plus ri, c'est quand le Responsable-mais-pas-coupable a fait téléphoner sa secrétaire (courageux oui, téméraire non) pour me dire qu'il lui avait dit de me dire (sic) que peut-être il faudrait que je compte les billets pour voir si j'avais le bon nombre, que je vérifie qu'il y avait bien un aller ET un retour dans chaque pochette et que je les mette dans l'ordre pcq les gens qui viennent ensemble voudraient sans doute s'asseoir les uns à côté des autres.
Ca n'a pas été fait ??? Ca tombe bien, j'ai rien d'autre à foutre. Pcq je rappelle que c'est quand même pas mon boulot, à la base, et que donc j'en ai un autre, de boulot, que même qu'on m'a dit que ce serait bien que je le finisse avant de partir, ce qui est fort logique. Là, elles sortent, les récriminations tues jusque là (cf infra).
...
J'attends qu'on me retéléphone pour me dire que ce serait bien que j'inscrive moi-même le nom et l'adresse des gens sur chaque nominette à attacher aux bagages, parce que, quand même, ce sera plus facile pour eux que de devoir le noter sur ses genoux, sur le quai, hein. J'attends...
19 mai 2006
Aaaaaaaaaaaaaargh
Y'a quoi, dans ma boîte MSN, today ?
3 spams, 2 vieux messages que j'ai lus mais auxquels j'ai pas répondu... et... ah oui, cette lettre avec la tronche de 20 célib' de ce site de rencontres d'où j'ai la flemme de me désinscrire même si je vais voir 1X tous les 3 mois.
Je suis tjs curieuse de voir ces tronches, quand même. Ca doit tenir du voyeurisme doublé d'un enfantin "on sait jamais"... J'ouvre.
Et là, aaaaaaaaaaaaaaaaaargh, non, c'est pô possip' !!! Pas lui !!!
...
L'autre dingue du GSM !
...
Esc esc esc esc esc esc...
Perdition programmée
Réunion capitalienne ce matin.
Marre de ces gens qui, sous le prétexte fallacieux qu'ils y vivent, programment des RDV à des heures où les pôvres paysans que nous sommes sont incapables d'accéder à la cité pour cause d'afflux massif de semblables motorisés.
Je me lève en pleine nuit, pars aux aurores. Déjà, suis de mauvais poil.
Et plus encore quand GPS refuse l'adresse et qu'il me faut la lui traduire en étranger du nord. Un GPS pur belge, sans doute. Pfft.
Il connaît la rue en VO, ouf, on y va.
Peu de bouchons, en fait. Etonnant. Je suis à l'avance (trèèèèèèèèès étonnant, lol).
"Au rond-point, prenez...la...2e sortie". Mais quel rond-point ????
Face à moi, la Zuid station. Massive. Aucun doute possible : y'a pas de route par là.
Je passe outre les recommandations sèches de la machine, très susceptible quand on ne fait pas ce qu'elle dit. Je me retrouve de l'autre côté de la gare. Pareil, la dame dans le poste veut me faire foncer droit dans la double porte vitrée.
Après 3 tours complets du bâtiment, il me faut me rendre à l'évidence : ma carte GPS date d'avant les travaux...
Et comment je fais, moi, maintenant ???
Parce qu'évidemment, j'ai pas emmené de carte ni prévu de plan (B), j'ai eu la bêtise colossale de faire confiance en la technologie de chez le superdiscount allemand. C'est une machination germanique pour perdre les Wallons dans le canal !!!
SMS au Responsable, pour lui expliquer que j'arriverai dès que GPS aura fini de jouer les guides touristiques et voudra bien m'amener à destination.
10 minutes plus tard, appel pour séance de radioguidage.
15 minutes plus tard, toujours en perdition, raz-le-bol et garation dans le parking de la gare.
Demandation de chemin aux autochtones. Ils sont néerlandophones. Ils m'envoient dans ce que je découvrirai, après 10 minutes de marche, comme étant la direction opposée (la théorie du complot linguistique se confirme..)
Après 10 nouvelles minutes de marche dans l'autre sens pour rallier mon point de départ, je vois partir le fourgon Securitas et le 4X4 de flics qui bouchaient une artère devant laquelle je suis passée plusieurs fois et qui, comme la moitié des rues de cette fantastique ville, ne porte pas de pancarte avec son nom. C'est évidemment la bonne...
J'accède à l'accueil du bâtiment, où la même pas blonde et pourtant désagréable standardiste n'imterrompt son coup de fil qu'après 5 minutes, en soupirant de voir que je stage obstinément devant son guichet. Elle me demande si je suis bien "Fksgfjldgb" ou un truc du genre. Non. Je ne suis pas Mme Fksgfjdgb, ni Ukrainienne. Je viens pour la réunion du groupe XVRQ. Elle sait pas ce que c'est. Elle insiste. Non, je ne suis décidément pas Mme-forfait-consonnes d'Ukraine. Par contre, devant moi, y'a un papier posé avec XVRQ écrit dessus et l'endroit de la réunion. Elle me dira encore qu'elle sait pas ce que c'est. Cette connasse, la standardite me fait un sourire niais et me montre du meton ce que je suppose être le chemin des ascenseurs. Je me retiens de l'étrangler, mais ça me prenrait encore 5 bonnes minutes et je suis déjà très en retard.
A l'étage, je me retrouve face à des doubles-portes à ouverture via carte magnétique.
Je sens que je vais hurler.
Je resonne le Responsable, qui viendra me libérer.
Arrivée effective dans la salle : 1h de retard sur le début de la réunion.
Pour mon entrée dans le groupe, c'est fracassant.
Creuser un trou jusqu'en Chine et ne plus jamais revenir... Vite...
16 mai 2006
Destinééééééééééée
Quand y'a une grande assemblée de personnes lambda, dedans, y'a toujours un champion du monde.
Quand y'a un champion du monde dans les parrages, c'est toujours pour moi.
Comme j'étais dans la grande assemblée de personnes lambda, je me suis donc chopé le champion du monde.
(sophisme... ou presque)
Réunion au sein de l'Usine. Préliminaire à une suivante, quelque trois semaines plus tard.
On a fini nos devoirs du jour et l'on devise, entre collègues et inconnus. "Le verre de l'amitié", ils appellent ça.
J'ai dû parler avec ce type 10 minutes non consécutives. La conversation a glissé sur mon état civil, et quand un type amène à ça, ça n'est jamais innocent. Evidemment, nous oies blanches, on ne les voit jamais arriver et une fois que le sujet est sur la table, y'a plus qu'à ramer jusqu'à la rive. Bon. Je réussis à m'incruster à la table de mes collègues et essaie d'éviter de voir comme il me regarde à présent. Le dessert, c'est pas moi, merci d'en prendre note.
Non qu'il n'ait été sympathique. Il m'avait même plutôt fait bonne impression. Jusque là. Mais les sujets perso quand on ne se connaît ni d'Eve ni d'Adam et le regard de poisson mort dans la friture, ça casse l'ambiance. J'ai l'impression d'être le gros lot d'une tombola, tout en haut sur l'étagère, avec le projo dessus. Et dire que j'aime pas ça est un euphémisme.
Je suis au téléphone quand il s'en va et ne m'interromps donc pas, c'est super important : Ma Jumelle veut savoir comment elle fait pour trouver un relais animalier pour son colis par correspondance en Belgique pcq là, elle n'a que des adresses françaises. "Essaie le site.be plutôt que .fr", je dis. "Ah ouiiiiiiiiiii, oh mince !" Rires partagés. Pas blonde, mais des fois, nos origines nordiques reprennent le pouvoir sous la racine des cheveux.
Deux semaines se passent. C'est le temps qu'il mettra pour soudoyer une personne que je n'ai pas encore identifiée mais qui ne perd rien pour attendre et en obtenir mon numéro de portable. Premier SMS à 8h45, je suis en bagnole et fouille d'une main experte l'improbable contenu de mon sac à main pour voir qui c'est. Ben oui : les SMS, c'est forcément des proches, les autres appellent. Déception et râlage !
"Difficile à joindre au bureau dirait-on"... Quoi ??? Et il a sonné COMBIEN DE FOIS à l'Usine, déjà ??? Ils vont encore bien se foutre de ma gueule, les z'ôtres... Et cette démarche pour avoir mon numéro alors qu'une nouvelle rencontre d'Usine est prévue dans 3 semaines à peine... C'est le printemps ? On pourra pas se retenir ? Pffft...
"Ai reçu ton numéro de portable (merci, je vois) mais ne sais pas si je peux en faire usage (à ton avis ?) Aurais voulu poursuivre l'entrevue des plus agréable (sans S !) blablabla Te souviens-tu de moi ? Peut-être, peut-être pas ? (gnagnagna)
Alors là, non. Les types qui abordent les filles à 35 berges passées, je dirais même 40, comme à 15, je peux pas. "Te souviens-tu de moi ?" Ai-je marqué ta journée ? T'ai-je laissé un souvenir ? Te plais-je, quoi bon ? Je rêve. Image d'un éléphant avec sa tête en train de danser dans un magasin de pocelaine, sur "Le Beau Danube bleu" (ne me demandez pas pourquoi le beau Danube, les images mentales, ça n'a pas d'historique accessible).
Je réponds pas. Vais pas risquer 150 eurothunes pour un type qui m'énerve déjà de grand matin. Arrivée à l'Usine, j'envoie un clair "C'est mon portable pro. Si tu veux prendre contact, voici mon adresse MSN". Ca me paraît être un bon compromis. On pourra poursuivre cette "conversation des plus agréables" s'il le souhaite, mais à distance raisonnable pcq là, il me fait peur. Je suis vachement sympa, comme fille.
Mais lui, il doit pas piger le truc et prendre la réponse pour une invitation à poursuivre par SMS. Ca tombe bien, ce jour-là, j'ai vraiment que ça à foutre, et la sonnerie du message n'interrompt pas DU TOUT ma réflexion. Didjù !!! "Tu sais qui je suis ?" Non et je m'en bats les c***" là, j'ai des trucs à faire, je crois avoir dit que c'était pas un GSM offert par Rendez-vous.be mais par l'Usine et j'ai fourni un autre média de communication ! Dans mon infinie bonté - dont je commence toutefois à appréhender la limite, il n'est que 10h du mat' - je réponds mais l'après-midi, faut pas déconner, que je pense que oui, que j'ai le visage mais pas le nom (histoire qu'il pige que je ne suis pas le genre de fille qui parle à 1000 inconnus par jour mais qu'il n'a pas marqué mon esprit au fer rouge non plus).
Evidemment, il en profite insidieusement pour m'envoyer un nouveau SMS. Je suis en rendez-vous. Là, vraiement, il m'énerve. Comprends pas le français ou quoi ??? J'AI DIT QUE C'EST UN GSM PRO !!!! Putain !!!! Et encore pour un message débile de type qui sait pas s'y prendre avec les filles "C'est Machin mais je voudrais pas t'importuner (trop taaaaaaaaaaaaaaaaaaaard !) t'as peut-être pas envie qu'on se revoie (alors là, dans l'état actuel d'avancement des choses, non, plus DU TOUT DU TOUT !) et par delà poursuivre notre conversation (mais quelle conversation ? On n'avait pas fini ?) Ce serait malgré tout dommage d'en rester à une rencontre furtive (non !) Qu'en penses-tu ? (tu veux vraiment le savoir ???)
Là, je suis nettement moins sympa, comme fille, parce que ce genre de comique, tant qu'on est pas pétasse désagréable, il se décourage pas. Je réponds donc que je pense que là je bosse et que j'ai déjà suffisamment usé de mon GSM pro pour répondre à ses messages non pro, et que me semble-je, je lui ai indiqué un autre moyen de prendre contact.
Il renverra quand même un 4e SMS... Que je reçois à la caisse du supermarché où je fais la file et me contiens pour ne pas jurer à voix haute comme un charretier. "Désolé de t'avoir dérangé (sans e), mon ordi est en réparation, je ne saurais donc pas te contacter via ton mail (qui s'en plaindra ?)". Et en plus, il me prend pour une conne. Si on me dit de prendre contact par mail et que mon ordi est VRAIMENT en panne, j'attends pas 6h et 3 autres messages pour le dire, qu'il est en panne. Dans le genre "ben si tu veux pas du téléphone, je prendrai pas contact avec toi, nananère, à toi de voir si tu veux que je te parle plus, renananère". Stratagème à 2 balles. Il vient de passer de la catégorie "inconnu" à "connard" via la case "casse-couille". Tout ça en une journée. Belle perf' !
Message quasi incendiaire pour lui dire que non, je n'utiliserai plus le GSM pro pour lui répondre, qu'entre la bagnole, mon taff et les rendez-vous, ça me gave, ses SMS à répétition alors qu'on se connaît même pas. Silence. Ouf. Enfin.
...
Sauf que là, après une semaine, il vient de m'en renvoyer un ptit pour la route, de SMS. "Ce petit SMS (et gnagnagna) pour prendre de tes nouvelles (mais quelles nouvelles ??? ON SE CONNAIT PAS !) en attendant la réparation de mon ordi (tiens, il a dû se rendre compte du taux fort bas de crédibilité de l'argument, il le justifie en en reparlant... lourd, lourd, lourd...) et le must : "bisous" !!! Non mais ça va pas ???
J'en arrive à avoir peur de la réunion d'Usine où je vais les recroiser, lui et son bulldozer communicationnel.
C'est si difficile, de faire connaissance de façon calme, posée, circonspecte, subtile et progressive ? Putain !!! Pourquoi les types se fixent sur une nana et s'acharnent jusqu'à ce qu'ils l'aient (ou plus sûrement avec cette technique jusqu'à ce qu'elle lui signifie de dégager illico et de manière définitive) ? Pourquoi ils ont l'air de mendier avec des tas de tournures gnangnan ? Pourquoi ils ne se mettent pas naturellement au même niveau que nous au lieu de nous donner un statut d'objet de convoitise dont on ne veut pas et qui nous dérange (rien que le mot "objet", déjà) ? Pourquoi ils ne prennent pas la peine, le temps, de converser réellement avec nous, de nous connaître un peu, avant de nous agresser par un comportement qui ne laisse aucun doute sur la nature de leur attente ? Pourquoi ils sont si sérieux, comme si leur vie dépendait de notre réponse alors qu'on s'est vus une fois ? Pourquoi ils ne relisent pas le Petit Prince et sa rencontre avec le Renard ?
C'est difficile de rencontrer l'Autre. Le rencontrer réellement s'entend. Ca prend tu temps, ça demande un investissement, du tact, de la psychologie et, d'abord et avant tout, d'être à l'écoute de l'autre pour capter ses signaux d'approbation ou de désapprobation. Mais ça, ça signifie qu'on a vraiment envie de faire quelque chose avec l'autre, ensemble, et pas assouvir un souhait perso...
Suis pas près de ne plus être célibataire, moâ !!!
11 mai 2006
Chapeau bas ! 2
"Ben oui mais ça, c'est pas pareil : c'est un béret !"
...
Ah... bon...
09 mai 2006
Le prix de la soif
Dans les festivals, mieux vaut être dromadaire qu'éponge. Parce que pour ce qui est d'avoir à boire, c'est le parcours du combattant.
A croire que le chapiteau entier migre direk vers la tente à pintes. Heureusement qu'il y en a aussi qui doivent faire pipi...
Je fais la file derrière un petit nerveux qui sautille d'un pied à l'autre et ça m'énerve. Ca m'énerve aussi quand un pote à lui vient lui fler ses tickets pour qu'il l'approvisionne, puis deux, puis trois. Le vlà avec une commande de 10 bières et un préposé à l'aidationnement qui me précise qu'il ne dépasse pas mais est là pour soulager son pote. J'ai dû penser trop fort.
Derrière, y'a une conne qui croit qu'en m'infligeant de petites poussées dans les reins, la file avancera plus vite. Violente envie de lui retourner le bras. Je ne peux pas avancer davantage, je frôle déjà la chemise humide de sueur du petit nerveux. Pouah.
Y'a encore deux personnes qui tentent de doubler mais je défends mon territoire comme une lionne. Je déteste le manque de civisme de ces gens qui foutent toute une organisation sociale en l'air par égoïsme. Est-ce que je dépasse, moi ? Ah mais...
Je prends mes trois chopes et, pour le coup, m'éterniserais volontiers devant le sourire d'un des barmen. Mais ça pousse encore derrière, j'étouffe. S'échapper, vite.
Et c'est là que, d'un pas alerte et d'allure vie, mes chopes en avant comme des trophées, j'ai failli tout renverser sur... Adamo.
Je ne sais pas pourquoi, mais j'aurais été plus gênée que sur un inconnu. C'est bizarre, hein, notre rapport à la célébrité...
08 mai 2006
l'Ancienne et les Nouvelles
Une improbable Farfadette sortie de nulle part qui sautille, frétille, part en vrille, et on pense : "ooooooouh, elle est loin, celle-là". Assurément. Mais de déjantages vocaux disharmoniques en en performances d'une pureté cristalline, on sent que, funambule sur son filet de voix, Camille, elle maîtrise. Parfaite. Tour à tour plaisante, marrante, touchante. Vraiment impressionnante.
De Marie, j'avais gardé un souvenir plus ému que ce que j'ai vu là. Mais j'étais loin, et sans doute son émotion se transmet-elle mieux dans d'intimes assemblées rotondistes. Dommage. C'est un peu passé, hop, sans laisser de trace...
Puis y'a eu l'Ancienne. Celle qui, fidèle à sa réputation de franc-parler, nous a conté combien peu elle avait apprécié le qualificatif du supplément belge d'un magazine féminin à son propos. Elle en rit. Au fond, elle s'en fout. Et elle a raison : plus belle que jamais, elle traîne derrière elle son lot de casseroles, dont elle semble avoir su tirer le meilleur. Elle crève littéralement l'écran invisible qui nous sépare d'elle pour nous partager, dans une touchante générosité, cette belle fragilité de femme que, mûre à présent, elle ne tente plus de dissimuler sous d'outrageux maquillages et tenues. Elle a su s'entourer, elle a bossé, elle chante juste. Vocalement et dans ce qu'elle dit. Même le sens d'un "vieux succès" comme Amoureux Solitaires prend une dimension tout autre dans sa bouche, à présent. Et quand elle redevient la gamine de 16 ans, pétillante, espiègle et un rien cabotine, chantant toujours aussi fort et aussi faux qu'à l'époque, on se surprend à connaître encore Banana Split par coeur et à prendre le même panard qu'elle. Merveilleuse évolution. Magnifique rencontre humaine.
Elle a une drôle d'allure, Barbie-Château. Et elle cause bizarre, aussi. Z'ont dû faire une erreur de casting, à l'Academy, parce que ce petit bout de femme-là n'a rien avoir avec les pseudo-mélodies de comptoir, à gueuler très fort avec la main sur le coeur de sa robe en taffetas noir, écrites les jours de grève des paroliers, qu'on lui a fait brailler pendant 3 mois. Elle rocke, swingue, bluese, donne parfois de la voix très fort aussi mais dans un tout autre registre, pour expectorer sa haine contre une société qu'elle n'a pas choisie, pour peindre les choses et les gens d'un trait pertinent, authentique et ironique, pour épingler les trucs à rire, les trucs qui fâchent. Elle aime pas l'amour et c'est pour ça que moi, j'ai aimé. Beaucoup. A Star is born.
Aux Nuits du Bota, y'a quand même des trucs drôlement bien.